Gilles Gravier's Weblog

Gilles Gravier's rants about things in general... security, open source, privacy, java, music... in particular.


« Previous page | Main
Friday Mar 31, 2006

DReaM – Un Système de DRM en Open Source

DReaM – Un Système de DRM en Open Source


A priori, cela peut paraître contradictoire. En fait, même, bien des auteurs de logiciels Open Source ne supportent pas l'idée d'un tel concept. Il n'y a qu'à voir ce que dit la GPLv3 vis à vis des systèmes de DRM (Digital Rights Management - on un ensemble de technologies permettant de gérer et de contrôler les droits d'accès à des media numériques).


Malgré cela, et ce depuis le début du mois de mars 2006, Sun a officiellement démarré les activités d'un groupe sous le nom d'Open Media Commons, visant justement à proposer un tel système de DRM dans le cadre d'une structure open source.


Le principe? Simple. Proposer aux acteurs du monde du DRM souhaitant faire avancer les choses vers un environnement ou les systèmes de DRM seraient interopérables, de travailler ensemble, dans un cadre open source. Ainsi, en employant une combinaison de licences CDDL et GPLv2, le code qui sera développé par le groupe sera mis a disposition sur le site : https://dream.dev.java.net/ pour permettre l'accès a tous. A la date d'écriture de ce blog, il existe déjà plusieurs composants de DReaM qui sont postés sur le site, sous forme de source.


L'interopérabilité des systèmes de DRM est au coeur de DReaM. L'idée étant lorsqu'on acquiers un media, on ne souhaite pas être limité à une plate-forme spécifique pour le lire. En fait, dans le cas de la France, la nouvelle loi DADVSI qui va être soumise au Sénat, après son vote à l'Assemblée Nationale, annonce justement que les fournisseurs de systèmes de DRM devront proposer l'accès aux informations nécessaires (API, documentation technique) pour permettre l'interopérabilité des systèmes de DRM afin de pouvoir accéder à un media légitimement acquis sur toute plate-forme de son choix, et non la seule initialement prévue compte tenu du système de DRM employé.


Un autre cadre ou DReaM aura tout son intérêt est celui de l'entreprise. Un système de DRM applique au cadre de l'entreprise permet de gérer avec une grande précision qui a accès à quel document et dans quel contexte. Par exemple, un médecin peut, dans un hôpital, accéder au dossier de son patient, mais ne peut pas afficher les images (radios, scanners...) si le poste ou il est pour y accéder se trouve dans un lieu public. Et le secrétaire médical pourra accéder aux information d'identité du patient afin de pouvoir envoyer des courriers administratifs, mais pas au contenu même du dossier médical (soins, diagnostiques, notes du médecin, images médicales...). Ici, le système de DRM fonctionne dans l'intérêt non seulement des patient (détenteurs des droits vis à vis des informations les concernant) mais aussi des utilisateurs (médecins, et autre personnel de l'hôpital) en leur évitant de commettre des erreurs qui pourraient mettre en cause l'administration de l'hôpital, et eux mêmes. Dans ce genre de contexte, bien sur, le fait que le DRM soit en open source n'est pas plus un problème qu'un système d'exploitation open source. En effet, dans aucun des utilisateurs ne cherche à désactiver le DRM... de la même façon qu'aucun ne va s'amuser à recompiler le système d'exploitation sans ses mécanismes de sécurité.


Par contre, dans le monde des medias de loisir (musique, vidéo...) le problème est différent. L'utilisateur final souhaite souvent s'affranchir complètement du DRM (en France, la proposition de loi DADVSI semble d'ailleurs spécifier des cas ou l'accessibilité du media pour des personnes avec des handicaps peut justifier le fait de retirer complètement le DRM du media). Quand on est dans un contexte ou le détenteur des droits ne peut pas faire confiance à l'utilisateur (medias, mais aussi militaires) alors la chaîne de DRM doit fonctionner différemment. Avec DReaM, il est possible que la chaîne de DRM prenne en compte le fait que l'utilisateur final peut contourner plus ou moins facilement la dernière étape de protection du document et n'en autoriser qu'une version à qualité dégradée, dont la copie sauvage est moins pénalisante pour le détenteur des droits. Ce qui permet de mettre en place une certaine flexibilité (légitimement souhaitée) pour l'utilisateur final, tout en preservant un contrôle (souvent aussi légitime) de la part du détenteur des droits.


Le développement dans un cadre open source permet à l'ensemble des parties intéressées (medias, mais aussi industriels de la gestion documentaire) d'aller le plus efficacement possible vers un système qui sera le plus possible en adéquation avec les besoins réels en matière de gestion des droits lies aux documents numériques.

Tuesday Mar 07, 2006

Communiqué de presse : les acteurs du logiciel libre et la loi DADVSI

communiqué

Communiqué de presse

AL’X Communication - Véronique Loquet

vloquet@alx-communication.com
Tél. : 06 68 42 79 68
Sun Microsystems /Fleishman Hillard - Lucia Coelho
coelhol@fleishmaneurope.com
Tél. : 01 47 42 19 84



Les acteurs du logiciel libre :
SUN, MySQL AB, Nuxeo,
Idealx, Mozilla, Mandriva et l'Adullact,
prennent position sur le débat DADVSI



Paris, le 6 mars 2006 - Dans une lettre qui vient d'être adressée au Premier Ministre, les éditeurs de logiciels SUN Microsystems, MySQL AB, Nuxeo, Mozilla, Idealx et Mandriva, ainsi que l'association Adullact, se positionnent sur le débat actuel du vote de la loi sur les droits d'auteur et technologies numériques. Ils y soulignent l'amalgame qui est souvent fait entre le logiciel libre et les moyens de partage de contenus illégaux.


Tandis que cette semaine les amendements du projet de loi DADVSI — Droits d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information — seront examinés par les députés (dont le vote définitif aura lieu le 14 mars devant l'Assemblée Nationale), les acteurs du logiciel libre adressent une lettre au Premier Ministre. Ils estiment que les conséquences d'une telle décision sur le positionnement de la France dans le secteur global des systèmes d'information et de l'industrie du multimédia en particulier, n'ont pas été pleinement mesurées à l'aune de leur gravité.


L'ensemble des signataires de la lettre exprime sa crainte de voir exclure les logiciels libres pour cause d'usage illicite, alors qu’un grand nombre d’industriels et d’administrations a depuis longtemps fait le choix de les utiliser quotidiennement pour leurs qualités intrinsèques (ouverture du code source, robustesse, fiabilité, économie,…).

L’accent est également mis sur la dynamique du marché et l’opportunité que représente le logiciel libre dans le cadre du renouveau de l’industrie du logiciel en Europe. Malgré un positionnement en adéquation avec le « patriotisme technologique » défendu par le gouvernement, cette perspective serait remise en cause pour la France, si un article de loi venait criminaliser la publication du code source des logiciels (principe fondamental de cette industrie).


Par ailleurs les acteurs du logiciel libre indiquent le caractère confus que présente la globalisation de la problématique des données numériques sous une seule et même définition, couvrant à la fois musique, vidéo, jeux électroniques, logiciels et respect de la vie privée de chaque citoyen ou confidentialité des informations des entreprises.

Thursday Mar 02, 2006

DADVSI v2.0 - Toujours autant de risques pour les logiciels libres



Voila, le gouvernement français vient de pondre une nouvelle mouture du projet de loi sur le Droit d'Auteur, et les Droits Voisins dans la Société de l'Information (DADVSI pour les intimes).

Plus de 250 amendements ont été modifiés ou ajoutés. Le résultat final est malheureusement toujours aussi dangereux pour les auteurs de logiciels libres, comme, par exemple, Sun Microsystems qui propose maintenant quasiment toute son offre logicielle sous forme d'open source.

Voici deux des amendements qui sont le plus directement cibles sur le logiciel libre :


- AMENDEMENT N° 247 Rect.

Dans cet amendement, on lit : « Art. L. 336. - Pour l'application des articles 1382 et suivants du code civil, engage sa responsabilité toute personne éditant un logiciel, ou mettant sciemment ce logiciel à la disposition du public, sans faire toutes les diligences utiles, compte tenu de la destination principale de ce logiciel, pour en éviter l'usage pour la mise à la disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés par un droit voisin, lorsque ce logiciel est manifestement utilisé de manière massive pour un tel usage. »

Ici, le risque est, pour les auteurs de logiciels de P2P destinés à un usage légitime, mais dont un grand nombre d'utilisateurs se servent (au titre d'autres parties de la loi DADVSI) pour des transferts illégitimes. Par exemple, les outils (clients et serveurs) BitTorrent qui sont utilisés très légitimement par des sociétés comme Sun Microsystems (Solaris, Open Office, Star Office), Mandriva (Mandriva Linux), Vivendi Universal (mises-à-jour du jeu World of Warcraft), et d'autres pour mettre à disposition de leurs clients leurs applications commerciales, sont aussi utilisés par certains internautes pour partager en P2P des fichiers artistiques, dont certains sont soumis à droits d'auteurs.

L'article 336, présenté dans cet amendement, aurait pour effet de rendre les auteurs de ce genre de produit tout à fait légitime et critique au fonctionnement de sociétés tout aussi légitimes, passibles de poursuites dans le cadre de la loi DADVSI comme auteurs de contrefaçons. C'est inacceptable.


- AMENDEMENT N° 253

Ici, on peut lire : « Les mesures techniques ne doivent pas conduire à empêcher la mise en œuvre de l'interopérabilité, pour autant que celle-ci ne porte pas atteinte aux conditions d'utilisation d'une œuvre, d'une interprétation, d'un phonogramme, d'un vidéogramme ou d'un programme. »

La encore, le problème vient des détail... "atteinte aux conditions d'utilisation". Si les conditions incluent "doit être utilisé sur telle ou telle plate-forme uniquement" ou bien "doit inclure une technologie de DRM X ou Y" alors, le simple fait d'accéder à ce média sur une autre plate-forme logicielle / matérielle / DRM sera un atteinte aux conditions d'utilisation. Or, bien souvent (pour ne pas dire "systématiquement") les auteurs de logiciel libre n'ont pas de licence (souvent for coûteuse) pour les logiciels DRM utilises par les médias, donc ne pourront pas créer des versions interopérables des médias qu'ils souhaitent utiliser légitimement car la seule façon de rendre interopérable un média avec des lecteurs du logiciel libre serait de retirer complètement la partie restrictive liée au DRM associé au média.

Cet amendement revient donc, indirectement, à compromettre l'accès à la culture au monde du logiciel libre. Des plates-formes logicielles comme Solaris, ou Linux qui sont livrées en open source, et dont les utilisateurs souhaitent éliminer toute fonctionnalité DRM qui y serait insérée par les auteurs, seront privés d'accès à la culture. Ainsi, par exemple, les écoles françaises qui s'équipent en open source, se verront dans l'impossibilité d'exposer les élèves aux productions françaises.


- AMENDEMENT N° 267

Présenté par Mr Mariani, l'amendement propose : « Art. L. 336-1. - Lorsqu'un logiciel est manifestement utilisé pour le partage illicite d'oeuvres ou d'objets protégés par les livres Ier et II, le président du tribunal de grande instance, statuant en référé à la demande de tout titulaire des droits sur ces œuvres ou objets, peut ordonner, sous astreinte, toute mesure nécessaire à la protection desdits droits.

Il peut notamment enjoindre à l'éditeur du logiciel de prendre toutes mesures pour en empêcher ou limiter l'usage illicite autant qu'il est possible. Ces mesures ne peuvent toutefois avoir pour effet de dénaturer la destination initiale du logiciel. »

C'est le retour de l'ancien amendement 150/151 de l'ancien projet, mais légèrement reformulé. Ici, il y a plusieurs problèmes:

1) « L'éditeur »... dans le cas de logiciels libres, il s'agit souvent d'un groupe multinational d'individus qui contribuent chacun à différentes parties du logiciel, de façon non nécessairement coordonnés. Il n'y a pas d'interlocuteur unique identifié. Il est parfois, donc, simplement impossible de s'adresser à « l'éditeur », ou de tenter de le contraindre à quoi que ce soit.

2) Toujours dans le cas de logiciels libres, une fois le code source disponible quelque part, il n'est plus possible de revenir en arrière car toute personne en ayant sa propre copie pourra à loisir reconstituer la version d'origine du logiciel. Essayer d'imposer qu'un logiciel libre contienne des mécanismes de limitations (quels qu'ils soient) n'est donc pas possible car, justement, l'utilisateur ayant accès au sources, peut toujours retirer tout élément du logiciel qui ne lui conviendrait pas.

Dans le cas d'un éditeur de logiciels tel que la société Sun Microsystems, le problème va encore un peu plus loin. Une bonne partie de l'offre logicielle de Sun Microsystems (à terme, la totalité) est en open source. Nos logiciels intègrent des fonctionnalités tels des serveurs web, mail, ftp... qui peuvent tous être utilisés très légitimement, mais aussi servir à construire des sites hébergeant et permettant le partage d'oeuvres protégées. Comme notre système d'exploitation Solaris est livré en open source, même si il était demandé à Sun d'intégrer dans nos produits des mécanismes empêchant de servir, par exemple, des fichiers MP3, ce serait extrêmement trivial pour un utilisateur de récupérer les sources de Solaris, et de se construire une nouvelle version de Solaris n'intégrant plus des mécanismes.

En fait, pour que l'amendement 267 soit techniquement réaliste, il conviendrait d'interdire à l'ensemble de la planète de créer des logiciels open source permettant le partage de fichier. Ceci n'est pas réaliste car ces logiciels existent déjà (serveur web Apache, serveur mail Sendmail, clients bit-torrent Azureus, et de nombreux autres). Ce serait dangereux pour la France de tenter de se mettre dans une telle position de censeur des auteurs de logiciels et protocoles qui sont aujourd'hui utilisés de façon extrêmement critique par des sociétés tout à fait légitimes.

Par exemple, Vivendi Universal, qui est pourtant à l'origine de l'amendement 150 (et donc par dérivation du 267) ne réalise sans doute pas que leur plus grand succès commercial en matière de jeux : World of Warcraft utilise le protocole BitTorrent pour distribuer les mises-à-jours critiques pour leur jeu. Or ce protocole est un protocole P2P régulièrement utilisé par les internautes s'échangeant des oeuvres protégées. Est-ce que Vivendi souhaiterait mettre en péril un jeu qui lui rapporte 12 € par mois de la part de chacun de ses plus de 5 millions d'abonnes? Peu probable. Plus probable : ils ne réalisent pas le risque.

Autre exemple, les éditeurs du serveur web Apache. Ce serveur web fait fonctionner une extrêmement grande partie des serveurs web de l'Internet. Or certains l'utilisent aussi pour construire des sites d'échanges d'oeuvres protégées. Serait-on tenté de demander à la fondation Apache d'apporter des modifications à son serveur pour qu'il refuse de servir des fichiers MP3 ou BitTorrent? Ce serait impossible puisque Apache est un produit open source, donc dont l'utilisateur peut à loisir retirer des fonctionnalités indésirables. De plus, ça ne fermerait pas pour autant les sites déjà en place.
D'autres sites, comme l'excellent EUCD.INFO proposent une analyse complémentaire de ces nouveaux amendements, dépassant le cadre du logiciel libre, mais couvrant aussi des aspects des droits des utilisateurs. Très intéressant.

D'ailleurs, on parle des Droits d'Auteurs... mais... et les Droits des Utilisateurs, dans la Société de l'Information? Le droit à la culture, sans contraintes, sans obligations technologiques?


Friday Feb 03, 2006

DRM In An Open Source World - Incompatible?



There are debates raging on in various places around DRM. In France, with the DADVSI parliamentary works, and elsewhere, in particular with the open source community. Let's take a look at some of the elements of this debate.

Before we start, what is DRM? It stands for Digital Rights Management. It includes all the means to express and enforce the rights to specific digital information such as media, data, software, hardware... It has existed ever since somebody invented a login prompt, and is taking on much more modern forms these days such as allowing specific individuals to access certain classes of data from a group of documents, but only on certain days, at certain times, and from well defined devices, and, maybe, allowing them the right to print or copy, or not, the data accessed.

One element to take into account, and that is loudly claimed by the open source community, is that it is impossible to constrain the user of open source software to also use DRM. One of the main characteristics of open source is that it gives total choice and freedom to the user. The user may at will, and possibly very easily (albeit requiring a bit of technical know-how) add, remove, or generaly alter any feature of an open source software. The implications in the case of DRM are serious. Any user of an open source software can rip out DRM features of this software and make it a DRM-free application.

Actually, most of the open source community would never be seen anywhere near a line of DRM code. For the reason above, and also in many cases, for simple ethical reasons. DRM is about controlling the user's rights... open source is about giving the user the right to control the software.

So are we at a dead end?

Not completely.

When the word DRM is used, most people automatically think that this means controlling access to entertainment media. Actually, the market for DRM is significantly greater that infotainment. Looking at the architectural white paper for DReaM, an open source DRM architecture model, we see on page 4 that life, enterprise and healthcare represent much bigger markets than infotainment.

Why is this important? Because these markets address in general a population that is significantly different than the infotainment population.

In the enterprise / healthcare world, DRM is used to prevent mistakes from happening. A patient file comes with a collection of rights and permissions that prevent it from being mistakenly displayed in its integrality by a medical secretary in the general admissions room, while letting that same medical secretary access identity information on the patient to allow for a proper registration. It lets the doctor access relevant parts of the medical file while in his office, and at the same time prevents this access from happening on a public terminal where anybody could take a peek at very confidential data.

What is different in this case? The user of the information has no reason to want to remove the DRM features. They are here to allow the user of the data to properly access this data while not risking a mistake that could lead to liability and privacy issues. So they are present in the best interest of the user. In this case, an open source implementation of DRM used in open source applications is perfectly valid and safe.

In the media world, the assumptions are completely different. Here, technology has changed in such a way that users expect that once they have paid for a media, they can use it wherever they want, on whatever device they want, and as often as they want. The model of the CD where you purchase a media, and you can play it on your computer, in your car, on your home CD/DVD player, and carry it with you to a friends place to do the same. Technology has even made copying the CD very easy. And why not? When I buy a CD for my 3 year old daughter, I know that she will almost completely destroy it after playing it a few times in her player: she doesn't yet know that it's fragile. So I burn a copy for her to listen, and, when that copy is too scratched, I burn another one, keeping the original safely stored. It's very legitimate. Unfortunately, the same technology has made copying the media for illegitimate reasons just as easy. It is now possible to make a copy of a CD and give the original back to your friend, and have the exact same collection of songs yourself without having payed the relevant price. Thanks to that same technology, it is now possible to also share that CD's contents all over the planet, on a massive scale.

Now, defenders of file sharing claim that because of this, you can discover easily new artists and new songs / movies so that you can, after, decide to legitimately purchase these media, knowing that you will like them. Others claim that this results in massive losses for the artists. Most likely, they mean that it results in massive losses for producers, but that is an other debate...

The real problem is that an artist creates a piece of work, with, in mind, a specific mode of distribution, and wants a legitimate control as how this work generates revenue for him or her. In many cases, the artist will want to produce a screener that is free or low cost, and will want the users of this screener to not disseminate it all over, because they would like to enjoy revenue from the sales of the creation in its proper form.

In this context, keeping in mind the last three paragraphs, what happens is that it is not possible for the content creator to trust the end user which has conflicting interests. So the natural temptation is for creators to want to enforce strict rights control. Unfortunately, for rights control to be 100% efficient, the complete chain from creator to consumer needs to be fully trusted. And this is clearly not the case today. And chances are it will never be on many general purpose platforms. And worse, it will always be possible to make an analog recording of a media and share it with friends (today, movie industry is complaining about people filming movies in a theater with a camcorder and making bootleg copies with that - this will be possible also for a critic watching a screener copy, even with full DRM, while filming his screen with a camcorder).

From a player device or software perspective, it is also a tricky issue. Users have a legitimate wish to want to play their purchased media on whatever device is most convenient for them. This means that a user of a PC running NetBSD, Linux, or Solaris considers that they should be allowed to view content just as much as a user of Windows or MacOS or an iPod. The difference is that these three first platforms are open source, and the players available for them are also open source. And as I mentioned above, when you are in the open source world, it is always possible to either rip out pieces of code (say, the DRM part) or add pieces of code (that will intercept the media after decoding it and save it in clear form locally).

The resulting situation is that DRM and open source don't mix well for the media industry, but do, very well, in other markets. In the media industry, DRM (whether it is implemented in open source or in a locked, proprietary manner) can only be efficient if the end-user player is a trusted device - for example by implementing a Trusted Platform Module.

The deeper problem is that we are facing a change in our society regarding art, and entertainment. Trying to solve society issues by technology is not the solution. Enforcing DRM to prevent content theft in the media industry is like imposing controls on the manufacturing of hammers because they can be used to break the glass of a jewelry in order to perform a robbery. Society is always in motion, it has way too much momentum to be stopped. It is time for the media industry to adapt, not by trying to use technology to enforce an obsolete model, but by inventing new models where artists can live from their art, while enabling mass access to culture. Maybe the artists need the tools to become individual micro-producers, maybe it's time for a better pricing model, maybe it's time to offer additional (not more constrained) means to access media.

One thing is sure. It is time to think this over and come with new, modern, progressist ideas.

Monday Dec 12, 2005

The Open-Source House Is There


After open source beer, now the open-source house.

It's being developed at the initiative of an architect that has some interesting concepts, and being proposed according to a model that is open-source based, where all contributors share knowledge and ideas.

Novel. Have a look at : http://archiopensource.free.fr/

What's next? :)

Gilles.

Thursday Dec 08, 2005

Free as in Free Beer? This will never be the same again...



Well, it was bound to happen. You've all heard the saying "Free as in Free Beer", used to mean something that is available at zero cost, and, often, used to indicate a difference with "Free as in Free Speech", i.e. not controled or censored or limited in any way. In fact, these apply to open-source software which is usually both free... and free.

Well... Things have changed. Now beer can be both free... and free! Straight from Switzerland (a country not specifically famous for many beers) is a beer called "The Kiss of the Princess". This one is free. As in Free Speech. It is made according to open-source principles. Recipe is online. And... it can also be free... as in Free Beer, should you decide to donate it to your friends!

Want to drink more? Ahem... I mean want to know more? Point your browser to the site for "Le Baiser de la Princesse" and enjoy a lesson is brewing from the students of the Swiss university EPFL!

Nouvel episode dans le projet de loi DADVSI

Après tant de bruit autour du premier projet d'amendement VU/SACEM/BSA au projet de loi DADVSI, le Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique en a publié une nouvelle version. Lors de la réunion plénière du CSPLA du 7 décembre 2005 a été publié un Avis 2005-2 relatif à la distribution des oeuvres en ligne.

A la page 8, se trouve le projet d'amendement, nouvelle mouture, sous la forme d'une Annexe 1.

En gros, rien n'a changé. On ne parle certes plus à mots clairs de dispositifs techniques de contrôle, mais par contre, l'objectif initial d'interdire les outils de transfert peer-to-peer de fichiers protégés par des droits de propriété littéraire et artistique reste bien présent.

Il est étrange de constater qu'on va tenter d'interdire la création ou la mise à disposition de logiciels... alors que la plupart des développeurs de ces logiciels sont situés hors de France. Pourtant, compte tenu de la nature du réseau Internet, il sera techniquement impossible d'empêcher leur téléchargement. Donc cela semble un objectif bien irréalisable.

Plus perturbant encore, le point II qui engage la responsabilité d'auteur de logiciel « ... qui n’a pas fait toutes diligences utiles pour, compte tenu de la destination principale dudit logiciel, en éviter l’usage pour la mise à la disposition du public non autorisée entre utilisateurs dudit logiciel d’oeuvres ou d’objets protégés par un droit de propriété littéraire et artistique, dès lors qu’il est manifeste que ledit logiciel est massivement utilisé pour un tel usage. » Ceci est particulièrement cause d'inquiétude car une foule de logiciels participant à l'infrastructure de base du réseau Internet peuvent être concernés, ainsi que les logiciels open-source.

Prenons l'exemple d'un logiciel classique de serveur web. Celui-ci est naturellement destiné à la dissémination de documents et fichiers. Il peut être modifié à loisir ou configuré de façon à permettre l'échange, entre utilisateurs d'un service, de documents protégés. Or, ceci mettrait ses auteurs en situation délicate vis-à-vis de ce projet d'amendement.

Pire encore, dans le cas de l'open-source. Il est clair que quand un logiciel est publié sous forme de source, et que chaque utilisateur peut le modifier à loisir avant de l'utiliser, il devient possible, au vu des termes du projet d'amendement, de poursuivre l'auteur pour n'avoir pas « ... fait toutes diligences utiles pour ... ».

Rien n'a vraiment été changé par cette nouvelle version. Elle semble, tout autant que la précédente, refléter l'agenda unilatéral d'un seul groupe d'intérêt et il reste tout aussi urgent de prendre plus de temps de réflexion multi-partite avant de s'engager dans une voie qui pourrait mettre en péril une grande communauté créatrice Française, celle des auteurs de logiciels libres, qui contribue par ses produits de qualité à fournir des outils de travail aux sociétés commerciales, ainsi qu'à de nombreuses administrations publiques françaises.



Tuesday Dec 06, 2005

Projet d'amendement VU/SACEM/BSA au projet de la loi DADVSI



Sun Microsystems est très inquiet de la proposition d'amendement VU/SACEM/BSA au projet de loi DADVSI, qui viserait à interdire la création, la distribution, et la promotion de logiciels conçus pour le partage ou la diffusion de documents protégés par droits d'auteur, et qui ne seraient pas équipés de dispositifs techniques permettant le contrôle de cette diffusion, car la définition proposée est tellement vaste qu'elle pourrait englober des logiciels tels les offres commerciales de Sun Microsystems, par exemple Java System Web Server, Java System Messenging Server, ou même Open Solaris, mais aussi d'autres logiciels tiers, soit propriétaires, soit open-source (par exemple Apache Web Server, les distributions Linux...).


Il apparaît comme nécessaire de prendre plus de temps afin d'examiner toutes les implications pour le reste de l'industrie, au lieu de n'avancer qu'à la demande d'une seule partie pas nécessairement entièrement objective.


(Note : Cette entrée a été reprise en Anglais par mon collegue Simon Phipps sur son blog. This was also written in English by my collegue Simon Phipp on his blog.


Monday Dec 05, 2005

Can free software really be made illegal?



The following link : http://www.fsffrance.org/news/article2005-11-25.en.html was pointed out to me by my friend and collegue Dave Walker.

Before I comment further, it is interesting to note that it refers to a proposed bill to the DADVSI law project, that is co-driven by SACEM (for which this would seem to be a normal attitude) but also by Vivendi Universal. Now Vivendi Universal is behind Blizzard Entertainment's immensely successful World of Warcraft MMORPG. Why is this of interest? Because WoW patches and updates are published using the P2P protocol BitTorrent. It's enlighting to note that a company is willing to hurt an industry that it uses, itself (and like many other companies) for otherwise very legitimate purposes.

Now, back to this proposal. It seems that Vivendi Universal, SACEM and a few others are proposing an bill to the effect that it would become illegal (it would be considered like counterfeiting) to write software enabling distribution of copyrighted material if that software doesn't include technological means to track what is being distributed to whom. Of course, while in some madman's pipe dream, one could imagine the possibility to enforce that onto commercial software vendors ("You are not allowed to sell this software in France if it doesn't follow the rules.")... it seems that for open-source software, it will be much harder to impose, since you can always download the source and remove the offending tracking code before compiling the sofware for your own use.

So the result is what we read from the French Free Software Foundation. It seems that the aim would be to make free software illegal. I don't think this is being realistic. Appart from the fact that it would put France back into the dark ages from an IT perspective, it seems also not very enforcable.

Software can be considered a form of expression, of artistic creation... and in Europe, people are free to express themselves and create art. It would be hard to enforce limiting of this should the authors want to bring this up to the European level.

But more importantly, there will be (have been for a long time) writers of free software that will continue to publish their work everywhere else in the world and this software will be downloadable from any point that is connected to the internet. It is not possible to stop the whole world from writing free software.

Even better, many entities in the French administration are using various forms of free and/or open-source software, including things like OpenOffice.org, Linux, and now also a significant part of the offerings from Sun Microsystems like opensolaris.

The thing is that today, most of the protocols used on the internet are open. They are defined according to open standards (defined through the RFCs from the IETF), and often implemented in open source applications... This is the case for FTP, SCP, BitTorrent, Gnutella... you name it.

Can we afford to make illegal the vast majority of software out there? Is it even realistic? I think not. This is why, first of all, this kind of initiative must be fought, but second, it will most likely not lead to useful and sustainable results, even should it pass.

Wednesday Jun 09, 2004

Those darn laptops with Windows pre-installed



Have you noticed (I know this has been repeated ad-lib by many people all over /.) that it's so hard to order a laptop without Windows. The experience I lived recently was just that. I needed a replacement laptop for my work. I go ahead and order it following all the relevant corporate processes. Once the order is placed, I send an e-mail to our relevant people mentionning that the machine will actually never even boot Windows... since I intend to install Linux on the machine prior to doing anything else with it.

Lo and behold, I receive my laptop and it has the legacy operating system pre-installed!

Not to be defeated by this, I stick in the CD-ROM drive my Linux installation CD and as I flip the power switch of my laptop to "ON" for the first time ever, I procede to first wipe the hard disk and then install Linux as the sole and single operating system on this machine, never even once seeing a BSOD on this laptop.

Happy about my new status of "will-never-again-crash-laptop" user, I send a new mail to the team I ordered from my laptop from telling them that they can go ahead and ask for a refund for the license of the opearting system that was initially installed on the machine.

I never got a reply.

What the world needs is an easy way to order machines with exactly what kind of operating system and applications that people really need. And if that is not possible, a clear process to get a refund for what is not needed but initially force-shipped with the machine.

Would't this be a better world?


Today's Page Hits: 102