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vendredi avr. 18, 2008

Liberté, liberté chérie

La conférence des utilisateurs MySQL commence aujourd'hui. À cette occasion, je voulais vous rapporter l'échange que nous avons eu récemment avec un client ; cette anecdote concernant notre acquisition de MySQL.

Il y a quelques semaines, j'avais rendez-vous avec le directeur informatique d'une grande entreprise commerciale. Il était accompagné du directeur technique, du responsable de la sécurité des informations (ou le CISO pour les intimes), et d'une armée de cadres issus de leurs (diverses) équipes de développement.

Avec l'équipe de compte Sun, ils avaient passé la journée à analyser l'évolution de nos relations et finissaient la réunion par une présentation de notre feuille de route produit. Je sentais que cette journée avait été productive. Aussi, quand je suis arrivé c'était surtout pour les remercier de la confiance qu'ils nous accordaient et m'assurer que chacun avait bien mes coordonnées au cas où je pourrais être d'une quelconque aide.

Comme nous venions de conclure l'acquisition de MySQL, avant de finir je leur ai demandé : « Voulez-vous un rapide point sur MySQL, le dernier venu dans la famille Sun ? »

Le directeur informatique me répond catégoriquement : « Nous n'utilisons pas MySQL, nous utilisons [nom masqué pour protéger l'intéressé]. » Le CISO ajoute : « Vous savez, on ne peut pas laisser les développeurs télécharger des logiciels sur Internet. Notre priorité est d'assurer la sécurité et la conformité aux règles. » J'ai eu droit à un sourire du directeur technique. Silence total des autres participants. Très bien, je n'insiste pas. Merci de votre confiance.

Soudain, un commercial de Sun intervient (fort diplomatiquement) et dit : « Euh... non, j'ai vérifié avec un ami chez MySQL, qui a vu que vous aviez téléchargé MySQL plus de 1 300 fois au cours des douze derniers mois. »

Après un silence extrêmement gêné, l'un des membres de l'équipe interne de développement prend la parole et dit : « En fait, tout le monde l'utilise. Pourquoi s'embêter avec des accords de licence alors qu'avec MySQL, on n'en a pas besoin. C'est génial que vous l'ayez acheté. »

Une fois passé ce moment de silence, nous avons conclu avec le client un accord très productif de support commercial à l'échelle mondiale sur ce qui s'est avéré être la base de données la plus populaire au sein de leur centre de développement. Ils trouvent de plus en plus d'applications pour MySQL, et de nouvelles opportunités de gagner plus du temps et d'argent à l'avenir.

En l'occurrence, le directeur informatique n'était pas du tout conscient du caractère omniprésent et indispensable des logiciels gratuits pour son entreprise. Mais croyez-moi, ce cas n'est pas une exception, loin s'en faut. C'est en fait la norme. Notre objectif est donc de pallier à ce manque d'information, lentement mais sûrement.

Les opportunités sont partout.

Les logiciels gratuits et ouverts aussi.

Il y a même fort à parier qu'ils ne vont pas l'un sans l'autre.

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lundi avr. 14, 2008

Quel est le vrai poisson d'avril ?

Si vous voulez connaitre le contexte de la vidéo du poisson d'avril qui est en train de faire le tour de Sun (voir ci-dessous)... voici toute l'histoire.

Mon assistante, en qui j'ai habituellement entièrement confiance, m'informe que je déjeune avec Ted, un ami en qui j'ai également totalement confiance. Je me rends donc dans ce restaurant, où j'ai l'habitude d'aller en toute confiance, où un serveur, en qui j'ai habituellement entièrement confiance, m'indique une table, où je m'assois sans remarquer une seule seconde les caméras vidéo placées discrètement tout autour. Ted me dit que grâce à Dan, un collègue en qui j'ai habituellement entièrement confiance, il a pu se mettre en contact avec un expert technique qu'il pourrait être intéressant pour moi de rencontrer.

Ted m'informe que cette personne vient d'arriver de Los Angeles mais qu'elle a malheureusement eu un accident qui l'empêche momentanément de parler. Regardez bien la cinquième minute, c'est la première fois où je vois quelqu'un faire un poulet avec une serviette.

Je tiens à préciser avant que d'autres ne s'en chargent que la vidéo a été largement éditée. Dans le souci d'épargner le public international, les excellents monteurs (à qui je fais habituellement entièrement confiance, malgré cette farce) ont édité la vidéo de manière à retirer les parties où il y avait le plus de bave. Si je me suis senti mal à l'aise à cette table ? J'ai visionné la version non-éditée avec une collègue de Sun avant la publication et elle m'a dit : « Tu vois comme tes parents t'ont bien éduqué, tu n'as même pas une fois regardé ce type fixement ».

En parlant de poisson, hier, le siège de Sun a également été attaqué par une troupe de dauphins gonflables... La rumeur dit qu'ils allaient rencontrer un représentant de leur espèce qui est actuellement à la tête de notre division bases de données.

À propos, je précise que Bill Macgowan n'a pas été viré de Sun.

Je le tiens personnellement responsable pour m'avoir désigné comme victime de ce vrai poisson d'avril (les dauphins ne sont pas des poissons, après tout, ce sont des mammifères). De l'eau coulera sous les ponts avant que je cesse de me méfier de lui... mais pas question de nous en séparer.

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vendredi avr. 04, 2008

Rendez-nous tout.

Comme vous le savez, la stratégie Open Source de Sun en matière de logiciels et de microprocesseurs a parfois provoqué des polémiques. Je ne compte plus les articles de journaux et les messages dans les forums de discussion qui nous sont consacrés. Des théories farfelues de complot ont même été échafaudées sur nos stratégies, c'est dire...

Vous n'êtes pas sans savoir que la polémique n'était pas une conséquence de notre stratégie, c'était notre stratégie. Quand les gens parlent de Sun, ils ne parlent pas de l'autre société (celle qui ne sera pas nommée). Et si vous parlez de Sun, vous en viendrez forcément à acheter un centre de données.

Cependant, maintenant que notre réputation de leader en matière d'Open Source est solidement établie, je suis inquiet quant au fait qu'il ne puisse plus y avoir de contreverses à ce sujet. La confiance en ce système est désormais trop grande et notre stratégie trop claire. Il devient donc de plus en plus difficile de créer du buzz... et l'on ne peut quand même pas dépenser un milliard de dollars ou changer notre symbole boursier à chaque fois que vous voulons faire les gros titres, si ?

C'est pourquoi je vais vous dévoiler le second pan de notre stratégie.

Nous exigeons que vous nous rendiez tout. Vous ne pensiez pas sérieusement que nous allions vous laisser tout ça, dites ?

Nous demandons instamment que tous les logiciels gratuits distribués à l'origine par Sun Microsystems, liés aux logiciels ou aux microprocesseurs notamment, mais pas exclusivement, les fichiers sources, les codes binaires, les dérivés, les extensions, les applications, les brevets, les demandes de brevets, les droits intellectuels, les idées, les pensées et les considérations dérivées, nous soient immédiatement rendus.

En outre (nous savons que c'est risqué, mais il faut bien que nous donnions aussi des cheveux blancs aux spécialistes de la confidentialité, c'est de bonne guerre), nous exigeons que toutes les données traitées, stockées ou créées par notre propriété intellectuelle, y compris les données contenues dans les systèmes de fichiers, les bases de données ou les applications de productivité Open Source nous soient également rendues. Et n'oubliez pas de nous renvoyer aussi les rédactions que vos enfants viennent de taper sur OpenOffice.

Nous voulons que tout nous soit restitué sous trente jours.

Merci de votre compréhension.

______________________________

Nous vivons hélas dans une société procédurière. Donc, cela me fait de la peine de le dire, mais OUI, cette déclaration est effectivement un poisson d'avril, conformément aux axiomes juridiques stipulés dans le Décret boursier de 1933 des États-Unis.

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Alors, je suis viré ?

Voici Bill Macgowan.

Bill est le Directeur des ressources humaines de Sun.

Nous collaborons donc pour enrichir et cultiver les talents travaillant chez Sun.

Il est intelligent, s'exprime avec aisance et je fais le plus souvent confiance à son jugement.

J'ai bien dit « le plus souvent ».

Car aujourd'hui, il m'a fait une farce. À moi, vous vous rendez compte ? Un poisson d'avril.

Il a perpétré son méfait avec une journée d'avance et l'a capturé en vidéo pour que tous les employés de Sun puissent en profiter mardi (le premier avril). Si je trouve le courage, c'est sur ce blog, devant tout le monde, que j'afficherai publiquement ma naïveté en publiant la vidéo.

Le tour qu'il m'a joué, comme toute farce qui se respecte dans le milieu de l'ingénierie de pointe, impliquait un financier, un visiteur légèrement attardé, un bavoir et des côtes d'agneau.

Moi, bonne poire, je n'y ai vu que du feu. Je n'ai pas montré une seconde mon étonnement. J'étais totalement concentré... en mode 100 % pro.

Je n'ai pas marché, j'ai couru !

Jusqu'à ce que des hommes avec des caméras n'apparaissent. C'est là que j'ai commencé à comprendre qu'il y avait anguille sous roche. Je me suis fait avoir comme un bleu.

Alors que je revenais tout penaud au travail après mon déjeuner, Bill m'aborde. En brandissant sa vidéo lâchement obtenue, il me dit : « Alors, je suis viré ? »

J'ai jusqu'à mardi pour trouver une réponse créative.

Je précise que je suis très proche du directeur financier, professionnellement comme personnellement, et que l'Avocat conseil tient un blog. Il y a sûrement moyen de répondre intelligemment.

Sûrement :)

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OpenSolaris, la sécurité et la NSA (National Security Agency)

L'annonce que nous avons faite la semaine dernière est d'une importance capitale. Nous vous avons communiqué notre collaboration avec la célèbre agence du gouvernement des États-Unis, j'ai nommé la National Security Agency. Il s'agit de l'une des institutions les plus sensibles (voire la plus sensible) aux aspects de sécurité à l'échelle mondiale. Elle a rejoint la communauté dynamique OpenSolaris, pour collaborer avec Sun et d'autres membres sur l'avenir des systèmes d'exploitation ultra-sécurisés.

Pour replacer cet accord dans son contexte, l'engagement envers la communauté a toujours constitué pour Sun une méthode fondamentale d'innovation sur le marché. En effet, nous formons des partenariats avec les entreprises ayant les exigences les plus extrêmes (qu'il s'agisse des supercalculateurs les plus puissants au monde ou des professionnels de la sécurité les plus paranoïaques (sans vouloir les vexer), ou des entrepôts de données d'archive les plus gigantesques), et nous exploitons cette expérience pour créer des produits à l'attention du grand public. Grâce aux clients extrêmes, nous développons les aspects techniques dont le reste du monde profitera ultérieurement.

Neuf fois sur dix, les clients extrêmes représentent un excellent indicateur d'innovation pour l'industrie dans son ensemble.

Par le passé, ce type de collaboration nécessitait des tonnes et des tonnes de paperasse juridique envisageant tous les types de restrictions de confidentialité, d'échanges de propriété intellectuelle ou de processus institutionnels complexes. Nous avons simplifié toutes ces procédures en rejoignant la communauté Open Source. Nos collaborations les plus fructueuses se sont formées tout simplement en demandant à des entreprises de rejoindre la communauté OpenSolaris. C'est exactement ce qu'a choisi de faire la National Security Agency.

Plutôt que de présenter en détail les tenants de notre collaboration, j'ai demandé à Bill Vass, président du groupe Federal Systems Group de Sun, de répondre à quelques questions que je lui ai envoyées. Voici ses réponses.

Bill, peux-tu résumer ce que nous avons annoncé ?
Nous avons formalisé une relation avec l'agence américaine NSA (National Security Agency) pour incorporer ses recherches sur la sécurité dans un projet communautaire OpenSolaris appelé Flexible Mandatory Access Control (FMAC). Le communiqué de presse présentant le projet est disponible ici.

Qu'est-ce que le projet Flexible Mandatory Access Control (FMAC) ?
Tout d'abord, Mandatory Access Control (MAC) est un mécanisme généralement déployé dans le système d'exploitation, et générant des restrictions incontournables sur des privilèges au sein du système. L'objectif de MAC est de limiter, par exemple, l'affichage d'un fichier de passeport sans autorisation, ou la mise hors service d'une machine lors d'un déploiement essentiel. En somme, MAC est une solution de gestion des privilèges.

Dans le secteur de la gestion de l'accès, la solution universelle adaptée à tous les cas n'existe pas, d'où l'importance de la flexibilité. Les objectifs de sécurité d'une installation varient en fonction de la valeur de ses ressources ou systèmes informatiques, et des méthodes utilisées pour les protéger. En mettant l'accent sur la flexibilité, il est possible de concevoir des règles de sécurité vouées à répondre aux besoins effectifs de contrôle de l'accès, en fonction d'un modèle d'application évolutif.

Voilà pourquoi on trouve le mot flexible dans Flexible Mandatory Access Controls. Pour en savoir plus sur FMAC, je vous suggère de cliquer ici. FMAC n'est pas exclusivement adapté aux gouvernements. En effet, les sites de réseau social ou encore les banques peuvent y avoir recours. En somme, cela concerne toutes les instances souhaitant assurer des contrôles d'accès simplifiés et conviviaux, qu'il s'agisse de consommateurs ou d'entreprises.

Qui travaille sur le projet ?
Sun et la NSA collaborent dans la communauté OpenSolaris et nous générons une participation massive (l'un des principaux avantages d'être une entreprise Open Source est que Sun peut innover ouvertement, c'est le cas de le dire, au sein d'une très grande communauté). Pour les technologies de la sécurité en particulier, la transparence du développement est absolument vitale, même pour la NSA. Il n'est pas question d'introduire des chevaux de Troie dans les plates-formes Open Source. Par conséquent, la structure Open Source permet aux clients dont les exigences de sécurité sont élevées de faire confiance aux fournisseurs tout en assurant une vérification.

Cette collaboration constitue un soutien sans prix de l'intégrité de la communauté OpenSolaris au sein des gouvernements, caractérisés par leur focalisation sur les progrès techniques et commerciaux.

Pourquoi la NSA a-t-elle choisi Sun ?
La sécurité et les performances sont des aspects fondamentaux dans notre relation avec les gouvernements du monde entier. La sécurité est au cœur de notre activité depuis toujours, et nous avons plus de 20 ans d'expérience dans le secteur des systèmes d'exploitation de confiance (n'oublions pas que Trusted Solaris est issu de la collaboration avec le gouvernement des États-Unis, il y a une dizaine d'années).

Nos technologies de sécurité sont appliquées dans la carte SIM de votre portable, tout autant que dans les plates-formes de gestion des identités au sein des plus importants services Web au monde. De plus, Solaris est réputé depuis fort longtemps comme le système d'exploitation Open Source le plus sécurisé pour le déploiement, des champs de bataille aux systèmes de contrôle et de commande. Il nous a donc semblé que ce partenariat coulait de source.

Tu as bien parlé de l'intégration des recherches entreprises par la NSA sur la sécurité ?
Effectivement, nous cherchons à voir comment combiner les recherches de la NSA sur l'architecture Flux Advanced Security Kernel (FLASK) et les règles d'application de type, ou « type enforcement » (TE), avec notre technologie Solaris Trusted Extensions. Ces outils sont potentiellement complémentaires, et nous pensons pouvoir exploiter ce créneau en proposant une pile applicative entièrement Open Source, de MySQL et Glassfish/Java jusqu'à l'utilisateur.

L'architecture Flask établit une séparation claire entre l'application des règles et les règles elles-mêmes. Les règles peuvent être modifiées sans avoir à modifier les « hameçons » d'application dans l'environnement d'exploitation, ce qui simplifie la vie des administrateurs de sécurité, et contribue à rendre les systèmes plus flexibles et utiles.

Les règles Trusted Extension permettent à leur tour un contrôle de l'accès extrêmement fin qui peut être appliqué pour protéger des logiciels malveillants.

Pourquoi nous engageons-nous avec la NSA ?
Nous avons reçu des demandes de déploiements basés sur Flask/TE dans Solaris de la part d'un certain nombre de gouvernements. Maintenant que nous disposons de Solaris Trusted Extensions, le moment est idéal pour construire l'avenir. Nous disposons déjà d'une infrastructure exceptionnelle (Multilevel Security - MLS) avec Solaris Trusted Extensions, mais la valeur des technologies associées peut fournir une plate-forme évolutive utilisée pour protéger les informations ultra-secrètes de gouvernements, ainsi que d'entreprises classiques, voire d'entreprises d'électronique grand public fabriquant votre téléphone et votre caméscope numérique.

À quel public s'adresse FMAC ?
Comme je l'ai déjà dit, les systèmes basés sur MAC sont utilisés principalement par les gouvernements. Notre objectif à l'avenir est de rendre les technologies telles que FMAC plus accessibles aux marchés commerciaux, des startups aux grandes entreprises. Les gouvernements sont le plus souvent des indicateurs fiables de problèmes de sécurité commerciale plus vastes.

La haute sécurité était un concept abscons, mais elle est désormais essentielle, pour le gouvernement des États-Unis, pour les gouvernements du monde entier et surtout pour les utilisateurs.

Nous limitons-nous aux État-Unis ?
Non. Il s'agit d'un projet OpenSolaris et notre souhait est que la communauté internationale en assure la promotion et le développement. Pour collaborer, il suffit de créer un compte sur opensolaris.org et d'adhérer.

Si quelqu'un veut contacter votre équipe pour parler de FMAC dans la communauté Open Source, que faut-il faire ?
Il suffit de m'envoyer un e-mail à l'adresse bill.vass@sun.com. Nous avons de nombreux contacts à Washington, DC, ainsi que dans le monde entier, qui peuvent aider les entreprises à maîtriser la sécurité et l'Open Source, et à comprendre comment rejoindre la communauté pour collaborer sur des principes innovants de sécurité. C'est le moment ou jamais de nous rejoindre !

Merci, Bill. Nous te sommes reconnaissants.
De rien.

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vendredi mars 14, 2008

MySQL fait officiellement partie de Sun

Aujourd'hui, Sun a annoncé la fin du processus d'acquisition de MySQL. MySQL fait donc désormais partie de Sun ! Depuis un dîner d'affaires qui s'est tenu fin novembre, suivi de mures réflexions du PDG de MySQL, jusqu'à la clôture de l'acquisition qui intervient aujourd'hui, fin février, l'effervescence et la hâte ont porté toutes les parties impliquées. L'aventure commence maintenant !

Depuis son annonce officielle, le rapprochement a fait la quasi-unanimité. Nombreux sont ceux qui souhaitent savoir ce que nous allons faire. Voici donc un avant-gout de nos projets immédiats.

À partir d'aujourd'hui, nous lançons au niveau mondial des programmes visant à promouvoir MySQL dans les entreprises établies afin qu'il soit adopté à plus grande échelle. Vous verrez sans doute des publicités (voir l'exemple ci-contre) à destination des institutions et des fournisseurs indépendants de logiciels et de services(Editeurs) qui souhaitent standardiser leurs infrastructures sur des solutions Open Source. Comme cette publicité le souligne, nous lançons des programmes de support mondiaux de MySQL offrant aux plus grandes entreprises internatonales un choix supplémentaire pour le déploiement des leurs applications les plus critiques.Nous ne lésinons pas sur les moyens pour rallier de nouveaux clients et augmenter la portée de MySQL.

Le message global est simple : nous apportons à nos plus gros clients les innovations et performances dont les plus grands sites en ligne bénéficient déjà.

Chez Sun, les équipes de R&D qui comptent plus de 10 000 personnes aujourd”hui, incluant désormais l'équipe de MySQL, se sont lancés dans une multitude de projets. Ceux-ci portent sur les fonctions de diagnostic et l'intégration technique que sur l'amélioration des performances, et l'optimisation matérielle et logicielle. Grace à nos installations de tests, les équipes vont meme pouvoir battre de nouveaux records mondiaux.L'éventail des projets lancés va augmenter la valeur de MySQL dans de nombreuses configurations. Nous ferons en sorte que MySQL fonctionne aussi dans les environnements Linux, Windows et Solaris, et sur les systèmes Dell, IBM, HP, Intel, AMD, Sun, Fujitsu, c'est-à-dire tous.

Il est tout aussi important de signaler que nos équipes de développement de marché montent en puissance pour assurer l'assistance technique et commerciale dont ont besoin les éditeurs de logiciels qui utilisent déjà MySQL (ainsi que ceux qui commencent tout juste à s'y intéresser). En dehors de la couverture fonctionnelle, c'est un accès facile aux marchés et aux clients que demandent la plupart des Editeurs.Au cours des prochains mois, nous allons remporter de nouvelles victoires avec nos partenaires éditeurs.

La grande conférence des utilisateurs de MySQL approche elle aussi à grands pas. J'invite à y participer tous ceux qui s'intéressent à l'avenir de MySQL (partenaires, éditeurs, clients, développeurs, etc.). Vous trouverez davantage d'informations ici.

Même si les commentaires ont été extrêmement positifs dans le monde entier, quelques râleurs ont çà et là fait part de certaines inquiétudes. J'ai décidé de mettre un point final à aux doutes subsistants.

Certains ne sont toujours pas convaincus qu'il existe bel et bien un modèle économique derrière de l'Open Source. Ce sont les mêmes qui considèrent qu'il est déraisonnable de dépenser 1 milliard de dollars pour acquérir MySQL. Les plus virulents d'entre eux ne voient en Linux, OpenSolaris ou d'autres entreprises comme SugarCRM que des terrains de jeu pour amateurs passionnés.

L'univers de l'informatique voit les choses d'une toute autre manière.

En distribuant un produit gratuitement, plutôt qu'en en limitant l'accès par des tarifs élevés et des systèmes de licences propriètaires, les entreprises prouvent simplement qu'elles accordent plus d'importance à l'adoption de leur produit qu'à des profits immédiats. On a ainsi récemment vu Microsoft faire cadeau de ses outils de développement à des universités afin d'en favoriser l'adoption.

Le modèle économique de l'Open Source est très clair. Marten Mickos, PDG de MySQL, l'a décrit de manière éloquente : le spectre de l'Open Source englobe d'une part ceux qui disposent de plus de temps que d'argent, à savoir les communautés d'utilisateurs et de développeurs de logiciels libres, et d'autre part, ceux qui disposent de plus d'argent que de temps, généralement des entreprises plus matures achetant des prestations de support. Pour être présent à l'arrivée du marathon, un produit doit séduire les deux extrémités de ce spectre. Les modèles économiques basés sur la limitation des produits ou sur des licences insidieuses ne marchent pas. Seule la liberté peut fonctionner.

Nous avons acquis MySQL pour un montant s'élevant approximativement à 800 millions de dollars en liquidités, plus 200 millions en achat d'actions. L'entreprise seule, sans les apports de Sun, s'apprêtait à faire son introduction en bourse. Selon nos calculs, nous avons dépensé pour MySQL l'équivalent de sa valeur à cette introduction. N'oublions pas que nous achetons un actif à la fois financier et stratégique. Nous avons bien sûr dû faire une offre plus attractive afin d'emporter l'adhésion du conseil d'administration. Cela dit, nous nous sommes vite aperçu qu'en tant que développeur de logiciel, MySQL pouvait bénéficier de la force que représente les organisations vente, services, de support et de distribution de Sun qui comptent plus de 17 000 employés. Ensemble, nous pouvons considérablement élargir la clientèl de MySQL, ce qui s'a vèrera bénéfique pour Sun. Bien qu'un faible pourcentage de téléchargements de MySQL se convertit en achats (ce chiffre est en augmentation), 100 % d'entre eux demandent un investissement matériel, qui prend souvent la forme d'un serveur ou d'un système de stockage (ou tout au moins d'un ordinateur portable). Nous pensons qu'il y a là un marché sur lequel nous pouvons nous développer, en proposant des solutions d'entreprise optimisées pour MySQL, et ce même si le client ne dépense(encore) rien pour la partie logicielle.

Enfin, rappelons que les licences de base de données représentent souvent une part non négligeable du budget d'une entreprise. En ce sens, nous pouvons proposer de nouvelles options à ces clients (et pourquoi pas offrir de jolies tasses aux responsables des achats)) afin qu'ils puissent financer d'autres investissements entraînant une augmentation du nombre de clients qui se tournent vers Sun. Les fournisseurs proposant des solutions qui permettent de réaliser des économies et d'améliorer les performances sont généralement appréciés par les utilisateurs.

Si l'on prend tous ces éléments en compte, nous pensons avoir payé un juste prix (je rappelle également que nous ne sommes pas en situation de monopole).

J'ai également entendu certaines personnes crier à la conspiration : si une grande entreprise acquiert MySQL, c'est certainement pour adopter un terrible système de licences et se constituer une rente sur les simples fonctions de stockage et d'exploitation de données.

Ceux qui pensent ceci n'ont pas vraiment suivi les récentes déclarations de Sun.

La fluidité de l'intégration de Sun et MySQL est en partie due au fait que nous partageons un même modèle d'entreprise. En effet, les uns comme les autres sommes engagés dans le logiciel libre de très grande qualité et sommes au cœur de grandes communautés. Sur ces bases, nous rémunérons nos efforts lorsque les entreprises nous achètent des prestations de support. Nous marchons catégoriquement dans la même direction.

Pour vous le prouver, je vous invite à télécharger MySQL gratuitement (il suffit de cliquer sur le logo). Tant que vous y êtes, pourquoi ne pas essayer également Glassfish et NetBeans. Décidément, les développeurs Web sont gâtés !

C'est un grand jour pour le monde du logiciel libre, ainsi que pour la majorité croissante d'entreprises qui optent pour la qualité et l'innovation en choisissant des solutions Open Source.


J'espère que vous serez nombreux à la conférence MySQL ! Je suis certain qu'il s'agira pour tous d'une expérience très enrichissante.

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Le plus grand supercalculateur au monde

J'ignorais que le télescope Hubble ne pouvait remonter « que » 12 milliards d'années dans le temps.

Honnêtement, je n'avais jamais réfléchi à cette capacité des télescopes à retracer le passé jusqu'à ce que le Docteur Michael Norman, chercheur à l'UCSD (Université de Californie à San Diego), m'inculque des rudiments d'astronomie et m'explique que Hubble observe des corps célestes dont la lumière n'est visible qu'aujourd'hui. Toutefois, la capacité de visualisation se limite à 12 milliards d'années, un seuil que M. Norman aimerait dépasser. (Quand je lui ai demandé de décrire son métier, il m'a répondu : « je simule l'univers ». Quelle belle description !)

Son problème en l'occurrence portait sur les 1,7 milliard d'années précédentes sachant que la naissance de l'univers remonte à environ 13,7 milliards d'années. Compte tenu des limites de Hubble, il avait recours à Ranger, le plus puissant supercalculateur au monde. Développée par le TACC (Texas Advanced Computer Center, centre de recherche de l'université du Texas) situé à Austin, cette machine permet d'effectuer des simulations sur les 1,7 milliard d'années précédentes. Il m'a ensuite précisé que la période de 1,5 milliard d'années l'intéressait plus particulièrement car les premières 200 à 300 millions d'années se caractérisaient par la présence d'une immense nébuleuse d'hydrogène avant la contraction des puits devant donner naissance aux étoiles.

Pour l'inauguration de Ranger, il m'a été demandé de prendre la parole et le descriptif que je viens de faire ne constitue qu'un exemple de la multitude de possibilités offertes en matière de recherche fondamentale par la plus importante plate-forme de calcul ouverte au monde. Pourquoi ouverte ? Cette plate-forme est financée par la National Science Foundation (agence de moyens pour la recherche fondamentale américaine) et a pour objet d'offrir à grande échelle les services d'un supercalculateur à tout scientifique ou chercheur établi aux États-Unis. Pour soumettre vos propositions, cliquez ici. Ranger est construit entièrement sur une technologie Sun ; qu'on me pardonne de succomber brièvement à la tentation du jargon sous forme de statistiques :

  • Centre de données d'une puissance électrique inférieure à 3 MW sur une superficie d'environ 557 mètres carrés...
  • Plus de 4 000 serveurs lames Sun/Opteron à quatre cœurs dotés de 120 To de mémoire vive et exécutant CentOs
  • Puissance supérieure à 500 téraflops
  • Tâches supervisées par l'architecture Grid Engine de Sun
  • Interconnexion assurée par deux commutateurs non bloquants Magnum de 100 To (capteurs en option)
  • Gestion des données assurée par le système de fichiers Lustre sur la plate-forme Thumper
  • Capacité de stockage supérieure à 2 Po
  • Gestion des données hiérarchiques assurée par notre logiciel SAM-FS et archivage sur notre solution de stockage sur bande
  • Gestion et contrôle des systèmes pris en charge par notre solution de virtualisation xVM OpsCenter (la plus grande installation au monde).

Nous avons déployé une infrastructure considérable pour la mise en œuvre de cette installation qui peut être répliquée à l'identique, ou bien sûr à plus ou moins grande échelle, partout dans le monde pour des clients publics comme privés. Au-delà des structures publiques et de recherche, le secteur privé fait appel internationalement à une puissance accrue de calcul à des fins de profit commercial et non purement scientifiques. Notre système induit un budget de consommation électrique nettement inférieur depuis quelques années et garantit une empreinte écologique réduite.

Le tableau suivant vous donnera une idée précise du degré de performance de Ranger par rapport à ses concurrents (pour obtenir la version en direct, cliquez ici) :


La capacité de Ranger surpasse celle de tous les autres supercalculateurs financés par la National Science Foundation. Le Texas ne fait pas dans la demi-mesure.

Le directeur de Cyberinfrastructure à la NSF l'a souligné dans son adresse de bienvenue : la simulation sur ordinateur a acquis une légitimité certaine en tant que discipline d'exploration scientifique. Découverte de nouveaux médicaments, modélisation climatique, dynamique des fluides, simulation de l'univers, épidémiologie, science des matériaux : ce sont là autant d'exemples pour lesquels une installation de cette taille va stimuler les avancées scientifiques aux États-Unis comme dans le reste du monde. À ce jour, plus de 500 projets de recherche utilisent déjà Ranger qui ainsi bouleverse le monde dans lequel nous vivons. Étant donné son rattachement au réseau Teragrid de la NSF, les conclusions des études pourront être partagées dans le monde entier. L'ouverture est donc réelle. Jay Boisseau, directeur du TACC, m'informe que la limite d'applications traitables par Ranger (le TACC dispose actuellement d'environ 500 millions d'heures processeur par an ou 125 millions par trimestre) risque d'être atteinte rapidement. Pour des personnes comme Jay et le Dr. Norman, l'appétit augmente avec la capacité de stockage, contrairement à nombre d'acteurs du secteur informatique qui se contentent de consolider leurs surplus (point central de la théorie redshift de Greg).

Comment Ranger est-il né ? L'impulsion est partie de la National Science Foundation autour d'un groupe de scientifiques à l'Université du Texas passionnés par la recherche fondamentale et inspirés par le dévouement de leur supérieur Jay, aux côtés d'employés (véritablement) exceptionnels de la TACC, de Sun et d'AMD. Ces trois équipes ont fait l'impossible pour installer la machine en un temps record et pour en faire le plus grand supercalculateur au monde ouvert, et ce par un facteur de 4.

Ranger va révolutionner la recherche académique, le secteur informatique et en fin de compte la société. Telle est ma conviction, mais sur quoi s'appuie-t-elle ?

Comme je l'ai indiqué lors de mon discours, la centrale de Niagara a fourni jusqu'à 30 % des besoins en électricité des États-Unis. Le développement nécessaire à sa mise en place, en matière de génie civil et de recherche fondamentale, est comparable aux efforts consentis pour la construction de Ranger. Il s'agissait bel et bien de recherche fondamentale pure.

L'électricité a-t-elle transformé la société ? Incontestablement. La connaissance de l'histoire de l'univers au cours des premières 1,7 milliard d'années va-t-elle transformer nos vies ? Il est trop tôt pour se prononcer. C'est justement sur ce point que se penche le Docteur Norman. Sun, AMD et le chercheur de l'Université du Texas peuvent dès maintenant le seconder dans ses travaux à l'aide de la plate-forme que Sun met à la pleine disposition du secteur concurrentiel. J'ai bien failli écrire quelque chose sur « la dissipation de la nébuleuse informatique » mais j'en ai été moi-même choqué.

__________________

(Je conseille à ceux d'entre vous que le sujet intéresse de lire cet excellent résumé de la façon dont le Docteur Norman conçoit l'astrophysique appliquée à l'informatique ; cette approche s'aligne sur la plupart des travaux consacrés aux supercalculateurs au niveau international...

... en faisant l'hypothèse d'un accès libre et gratuit aux logiciels Open Source.

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vendredi févr. 15, 2008

Mon intervention à notre conférence des analystes

La semaine dernière, nous avons organisé une conférence pour les analystes marchés et financiers du monde entier. Vous trouverez ci-dessous la vidéo de mon intervention, scindée en deux parties pour en faciliter la lecture. Un analyste a trouvé que mon discours était quasiment identique à celui de l'année dernière.

Je lui ai répondu que ce n'était pas le fruit du hasard.

Si vous voulez connaître nos résultats financiers en détail -communiqués par Mike Lehman, notre directeur financier, l'opinion du marché -rapportée par Don Grantham, notre directeur international des services et ventes, ou encore nos stratégies spécifiques en termes de produits -expliquées par les responsables de nos divisions logiciels ou systèmes, cliquez ici.



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lundi févr. 11, 2008

Virtualisation libre et résultats du deuxième trimestre

N'oubliez pas de lire la très instructive clause de réserve en bas de cette page...

Après avoir annoncé la semaine dernière notre intention d'acquérir MySQL, nous avons publié nos résultats officiels jeudi dernier.

Le point fort de ce deuxième trimestre est que nous avons doublé notre rentabilité par rapport à l'an dernier. En effet, avec un chiffre d'affaires de 3,6 milliards de dollars, nous avons dégagé un bénéfice net de 260 millions de dollars, et 336 millions de dollars de liquidités. Nous avons également procédé au rachat de nos actions pour un montant de 750 millions de dollars. Nous confirmons donc notre objectif annuel de croissance (aux alentours de 5 %) et de bénéfice d'exploitation, qui devrait atteindre au moins 8 % au quatrième trimestre (hors frais d'acquisition).

Certes, des esprits chagrins pourraient objecter en disant que, d'un point de vue strictement financier, la progression du chiffre d'affaires total a été faible (un peu plus de 1 % par rapport à l'an dernier). Cette faible augmentation s'explique en partie par la stratégie que nous avons nouvellement adoptée avec nos revendeurs et nos partenaires. En effet, nous avons décidé d'indiquer une vente dans nos résultats comptables uniquement quand elle a été conclue directement auprès d'un utilisateur final, et non en exécutant une commande issue d'un partenaire commercial revendant nos produits à ses clients, et ce dans un souci de transparence.

Cette décision a eu pour effet de réduire notre croissance d'exploitation de quelques points et explique la disparité entre la hausse de plus de 7 % des réservations (à savoir les commandes à livrer dans les six prochains mois) et notre chiffre d'affaires (les commandes exécutées/finalisées au cours du trimestre). Prenant les esprits chagrins à revers, notre ratio commande/facturation (le fameux « book to bill » ratio) est très fort. Ce rapport de dynamisme commercial permet aux investisseurs d'extrapoler nos futures performances. Notre passif de régularisation (produits et services) a également connu une augmentation considérable de 24 % d'une année sur l'autre. Ainsi, nos produits comptabilisés d'avance atteignent un montant total de près de 2,7 milliards de dollars. Une hausse très saine, comme je vous le disais.

Quels sont les points stratégiques à retenir de ce trimestre ?

Sur la première marche du podium, l'intérêt soulevé par Sun xVM. xVM est la plate-forme gratuite de virtualisation Open Source que nous avons présentée lors de l'Oracle Open World, parallèlement à notre plate-forme de gestion, xVM Ops Center. xVM peut virtualiser Windows, Linux ou Solaris sur Dell, HP, IBM ou Sun. Nous avons constaté un intérêt grandissant pour xVM à l'échelle mondiale, notamment auprès des clients ne souhaitant pas que leurs gros centres de données Open Source utilisent une technologie de vitualisation propriétaire (« à quoi bon revenir en arrière ? » me disait justement l'un d'entre eux). L'intérêt que soulève notre virtualisation (des conteneurs xVM aux conteneurs Solaris) s'étend à chaque industrie et à pratiquement tous les clients. Elle est devenue la priorité à tous les niveaux.

À la deuxième place, la signature d'un contrat de matériel Solaris avec Dell, qui s'est engagé à prendre en charge Solaris sur toutes ses plates-formes lames et ses serveurs. Ce contrat est primordial pour nous car le soutien dont nous honore le numéro un des ordinateurs et des infrastructures informatiques envoie un message très positif à nos clients. Michael m'a rejoint sur l'estrade et m'a gentiment invité à rallier la « Régénération » Dell (une offre que j'ai volontiers accepté en échange d'un t-shirt). Dell rejoint IBM et Intel dans la liste des partenaires Solaris. Personnellement, j'aimerais beaucoup que Hewlett Packard se joigne à cette liste de partenaires sur lesquels nos clients peuvent compter pour prendre en charge Solaris.

Les marchés émergents ont connu une croissance à deux chiffres, notamment l'Inde, la Chine, l'Amérique Latine, certains pays d'Europe de l'Est et du Moyen-Orient. Les ventes de notre plate-forme Niagara UltraSPARC T2 ont atteint environ 285 millions de dollars, soit 100 % d'augmentation par rapport à l'an dernier. 100 % d'augmentation, excusez du peu ! Comment expliquer une croissance si rapide ? Nous nous sommes concentrés sur le respect de l'environnement, les performances fondamentales, la virtualisation intégrée (traduisez gratuite) ainsi que la prise en charge du système de cryptage. En conséquence, nos opportunités ont pris leur envol. L'acceptation de SPARC et de Solaris 10 comme plates-formes ouvertes a nourri bien des conversations et a créé bien des opportunités, avec nos anciens et nouveaux clients. Si vous voulez bénéficier d'un essai gratuit de Niagara 2 (officiellement T5120 ou T5220), cliquez ici.

Au cours de ce trimestre, les ventes de systèmes x64 ont connu une progression quasiment insignifiante, ce qui est certainement le point le moins positif. Toutefois, nous venons de lancer de nouvelles offres Intel, ce qui commence à avoir un effet bénéfique sur nos systèmes lames. Je suis donc confiant pour la seconde partie de l'année car notre gamme de produits va continuer à se développer et à évoluer.

Nous avons également constaté une croissance des activités des systèmes haut de gamme que nous avons créés en collaboration avec Fujitsu. La réussite de ces systèmes est conforme à nos prévisions et nous ne pourrions pas être plus satisfaits des progrès stratégiques du partenariat entre Sun et Fujitsu. D'ailleurs, en parlant de partenariat, nous avons constaté une forte augmentation des offres de stockage haut de gamme Hitachi ainsi que de nos activités de stockage sur bandes. Comme nous l'avions prévu, les systèmes de stockage sur bandes utilisés comme plate-forme d'archive suscitent un intérêt énorme auprès des entreprises Web qui sont tenues de conserver de grandes quantités de données (films et photos générés par les utilisateurs) pendant de longues périodes. Par « grandes quantités », j'entends des dizaines voire des centaines de pétaoctets. Parallèlement à la hausse de nos ventes de produits, nous avons constaté une progression considérable en termes de services.

Quel est mon avis sur l'économie ? En tant qu'ancien étudiant en « science lugubre », c'est-à-dire en économie, je peux affirmer en toute franchise que « personne ne peut savoir avec certitude ». Que me disent les clients ? Ils affirment avoir recours de plus en plus à la technologie afin d'assurer l'efficacité, l'automatisation et la croissance de leurs activités. Nous sommes au centre des conversations, et ce bien plus encore que l'année dernière.

De plus, nous venons d'organiser une réunion avec environ 150 de nos partenaires commerciaux venus des quatre coins du monde (Europe, Amériques et Asie-Pacifique). Que m'ont dit ces partenaires ? Je ne vais bien sûr rien révéler ici, vous comprendrez que c'est confidentiel. N'empêche que nous avons tous des coupes de champagne à la main... il doit certainement y avoir une raison pour cela. Nous espérons que le toast de la réussite deviendra une habitude.

Je souhaiterais à présent m'adresser aux partenaires présents lors de cette réunion et les remercier chaleureusement pour leur collaboration. Nous nous engageons à accroître nos opportunités et la qualité de nos relations. Un monde d'opportunités s'offre à nous et nous sommes impatients de toutes les saisir ensemble.

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Clause de réserve
Le blog de Jonathan contient des déclarations sur les résultats et performances à venir de Sun, notamment des prévisions concernant l'augmentation du chiffre d'affaires pour l'année financière 2008 et du bénéfice d'exploitation pour le quatrième trimestre 2008, ainsi que les perspectives et opportunités commerciales et stratégiques concernant la division x64. Ces déclarations prévisionnelles sont basées sur des éléments sujets à des risques et des incertitudes. Par conséquent, les résultats réels peuvent être nettement différents de ces conjectures. Les facteurs qui pourraient faire différer les résultats réels des résultats prévisionnels incluent : les risques associés au développement, à la conception, à la fabrication et à la distribution des nouveaux produits ; l'échec des innovations technologiques ; les pressions tarifaires ; un accueil mitigé des nouveaux produits de la part des clients ; les erreurs et défauts possibles dans les nouveaux produits ; la concurrence ; les conditions de négociations défavorables ; le départ d'employés essentiels ; l'annulation ou le retard de projets ; la dépendance vis-à-vis de fournisseurs de produits exclusifs ; les risques liés à notre capacité à acheter une quantité suffisante de composants pour répondre à la demande ; les risques d'inventaire et enfin les retards dans le développement des produits ou l'acceptation des clients et la mise en œuvre de nouveaux produits et technologies. Veuillez également vous référer aux rapports périodiques de Sun présentés à la « SEC » (United States Securities and Exchange Commission - Commission des titres financiers et des bourses), notamment le rapport annuel sur formulaire 10K correspondant à l'année fiscale s'achevant le 20 juin 2007, ainsi que les rapports trimestriels sur formulaire 10-Q correspondant au trimestre fiscal se terminant le 30 septembre 2007. Sun décline toute obligation et affirme n'avoir aucune intention de mettre à jour ces déclarations prévisionnelles. Si vous avez tout lu jusqu'ici, il faut vraiment que vous trouviez des intérêts en dehors de votre boulot.

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mardi févr. 05, 2008

Tourbillon

Tourbillon. Voilà le seul mot qui me vienne à l'esprit pour décrire ces trente derniers jours, qui ont vu la clôture de notre second trimestre ainsi que la préparation de notre acquisition de MySQL. Comment en sommes-nous arrivés là ?

« Cela fait plusieurs années que j'essaie... c'est sans espoir ». Voilà ce que j'ai répondu, il y a environ six mois, à Rich Green (vice-président directeur de la division Logiciels chez Sun) qui venait de me confier que, s'il devait acquérir une société, il choisirait MySQL car il trouve cette entreprise extraordinaire. Pourquoi ai-je cru que c'était impossible ?

Depuis près de 5 ans, je dîne régulièrement avec Marten Mickos, le PDG de MySQL. Je profite de ces rencontres pour discuter avec lui des tendances et modèles commerciaux et pour prendre le pouls du secteur. Puis, au moment du dessert, je glisse généralement une remarque telle que : « Franchement, Marten, nous avons énormément de points communs et nous semblons partager la même approche du monde. Avez-vous pensé à rejoindre Sun ? »

À quoi Marten répond invariablement qu'il se sent profondément flatté et honoré par cette proposition, puis il s'empresse de touiller son café et de changer de sujet pour parler de la pluie et du beau temps.

Toutefois, Rich pense tout de même que cela vaut la peine de persévérer. C'est ainsi que Marten, Rich et moi-même organisons un nouveau dîner début décembre. Le jour venu, nous retrouvons nos habitudes en amorçant une conversation enrichissante au cours de laquelle chaque convive informe les autres des nouveautés observées sur le marché et s'étonne de partager avec eux autant de points communs. Puis, au moment du dessert, je réitère ma proposition. Alors,

Marten sourit, touille son café et... se remet à parler météo.

En sortant du restaurant, nous prenons rendez-vous dans six mois pour un autre dîner, et je regarde Rich d'un air qui veut dire « Je te l'avais bien dit ! ».

Cependant, à mon étonnement, Marten me rappelle le lendemain matin pour faire la déclaration suivante : « Nous avons bien réfléchi. Êtes-vous toujours intéressés par une éventuelle acquisition ? » Comment dire... oui. Bien sûr que oui. Nous n'attendions que cela depuis quatre ans.

Voilà comment l'aventure a commencé.

La persévérance vient à bout de toutes les résistances et, du coup c'est Rich qui me regarde maintenant d'un air entendu. (Je tiens à préciser que j'accepte volontiers quand j'ai tort, je n'ai aucun amour-propre mal placé.)

Au cours des derniers jours, on m'a souvent demandé comment nous avions réussi à décrocher cet accord, et on m'a également posé de nombreuses autres questions auxquelles j'aimerais tenter de répondre ici.

Commençons par les plus évidentes.

Vous achetez pour un milliard de dollars une société qui fournit des produits gratuits ?

Le site Facebook fournit également ses services gratuitement. Il fait du chiffre grâce aux publicités, tandis que nous réalisons des bénéfices grâce à notre offre de services, de support et d'infrastructure. MySQL est une entreprise à fort potentiel qui connaît une croissance exponentielle. Mieux vaut investir dans l'avenir que dans le passé, même si ce dernier coûte naturellement moins cher.

Qu'en est-il de votre relation avec PostgreSQL ?

Elle se développe. La veille de l'annonce de l'acquisition, une heure seulement avant la signature du contrat, j'ai appelé Josh Berkus, le responsable du projet de partenariat de Sun avec Postgres. Je souhaitais me montrer aussi clair que possible : en effet, cette transaction entraîne l'augmentation de nos investissements dans la technologie et les bases de données Open Source. Par ailleurs, elle renforce notre engagement dans le secteur des bases de données en général et envers Postgres en particulier. Le même constat s'applique à notre relation avec Apache Derby, et notre distribution JavaDB.

Comme Josh l'explique parfaitement sur son blog : Sun veut devenir le plus grand fournisseur de centres de données au monde, sans se limiter à ceux de MySQL. Voilà exactement notre position.

Quelle est la prochaine société que vous allez acheter ?

Bonne question... nous en reparlerons une fois l'affaire conclue :)

Plus sérieusement, je suis de ceux qui pensent que l'acquisition de MySQL par Sun démontre l'efficacité des modèles d'entreprise Open Source. J'espère que cette opération incitera les investisseurs en capital-risque à opter pour une véritable innovation Open Source. Les investisseurs de MySQL pourront d'ailleurs confirmer l'étendu des bénéfices à réaliser en la matière.

Qu'en est-il de votre partenariat avec Oracle ?

Oracle est un fournisseur indépendant majeur de Solaris. Partout dans le monde, des clients communs de nos deux entreprises ont choisi le support et les services proposés par Sun et Oracle pour les environnements essentiels des secteurs de la banque, du commerce de détail, des télécommunications, des institutions gouvernementales, etc. Nous continuerons à honorer cet engagement et à prendre en charge DB2 ou SQL Server de Microsoft (lequel est d'ailleurs également tout à fait compatible avec nos systèmes). Les clients exigent du choix et nous saurons toujours leur en offrir.

N'oublions pas que notre structure de services est centrée sur nos clients et non sur nos produits.

L'intégration de MySQL se révèlera-t-elle aussi complexe que celle de StorageTek ?

StorageTek comptait 7 000 employés et disposait (comme toute grande entreprise) de structures compliquées en termes de chaînes d'approvisionnement, de dispositifs logistiques, d'espaces immobiliers, de sites de production et de systèmes redondants. En outre, cette société possédait des processus et des modèles techniques différents, développés au cours de ses 35 années d'existence. Pour être honnête, la procédure d'intégration s'est avérée difficile.

En revanche, MySQL compte 400 employés mais pas de bureaux (ils travaillent tous à domicile), ni de chaîne d'approvisionnement, ni de site de production ou autre espace immobilier. De plus, cette société applique un modèle technique et des processus presque identiques aux nôtres.

Par conséquent, la procédure d'intégration ne devrait pas s'avérer complexe. Cela passera comme une lettre à la poste.

À l'issue de la transaction, Marten Mickos restera à la tête de MySQL. Il dépendra de notre division Logiciels et rejoindra mon équipe de responsables exécutifs (réunissant les principaux membres de la direction de Sun).

Par ailleurs, sur le plan stratégique, des synergies techniques infinies s'offrent à nous, telles que l'exécution de MySQL sous ZFS et Lustre et son intégration optimisée à Glassfish, OpenSolaris, NetBeans et notre Grid Engine.

Modifierez-vous les priorités de MySQL en termes de plates-formes ?

Certainement pas.

Pourquoi pas ?

Parce que nous ne sommes pas idiots : nous savons pertinemment que l'initiale L de LAMP signifie Linux et que les clients privilégient les choix de plates-formes de MySQL et non ceux de Sun. Comme pour Glassfish, dont la première plate-forme de téléchargement de MySQL reste Windows, nous faisons entièrement confiance à ses développeurs.

Modifierez-vous la licence MySQL (GPL) ?

Non. Comme vous avez pu le constater avec Java et Glassfish (ainsi qu'avec NetBeans et OpenOffice), nous sommes de fervents adeptes de GPL.

Ce contrat permet-il de réaliser des synergies de coûts ?

Non.

Ce contrat permet-il de réaliser des synergies de revenus ?

Elles sont omniprésentes.

Quels domaines bénéficieront de synergies de revenus ?

Nous aurions plus vite fait de citer les domaines qui n'en bénéficieront pas ! En effet, tout déploiement de MySQL, que l'utilisateur ait ou non souscrit un support logiciel payant, nécessite l'achat d'un serveur et d'un périphérique de stockage ainsi que la mise en place d'une infrastructure réseau et, plus tard, l'ajout de services de support sur des plates-formes ouvertes de grande valeur. Aux dernières nouvelles, Sun propose des produits dans pratiquement chacune de ces catégories.

Par ailleurs, s'il existe un obstacle majeur à la croissance de MySQL, il ne s'agit pas de ses fonctionnalités technologiques, qui sont parfaitement adaptées à l'envergure mondiale de l'environnement Web/en ligne. Le problème vient plutôt de l'exigence posée par certaines entreprises traditionnelles, qui veulent obtenir un support d'entreprise auprès d'un fournisseur figurant au classement Fortune 500 (« une société classée dans un Magic Quadrant de Gartner »). Je suis heureux d'annoncer que nous sommes en mesure de renforcer la formidable équipe de service MySQL, en y joignant un groupe exceptionnel de professionnels du secteur à travers le monde, et que nous pouvons assurer le support essentiel à l'échelle internationale des plus grandes entreprises de la planète.

Quelle est la prochaine étape pour MySQL ?

MySQL saura mieux vous renseigner à ce sujet, que ce soit avant l'acquisition (puisque nos deux sociétés ne sont pas encore fusionnées) ou même après. Nous n'avons pas acquis cette société pour régir ses activités mais pour se mettre à l'écoute de ses dirigeants, de son environnement et de ses clients.

J'ai personnellement rencontré 10 clients ces deux derniers jours et tous m'ont adressé le même commentaire : « Félicitations, voilà d'excellentes nouvelles pour l'ensemble de votre clientèle ! »

Je ne pourrais pas dire mieux.

______________________________

Voici une brève interview (immortalisée en personne par notre distingué réalisateur, Anil Gadre) à laquelle Rich, Marten, Greg et moi-même avons participé le dimanche précédant la signature du contrat. Remarquez nos porte-bonheur qui apparaissent à l'image après 3 minutes et 30 secondes d'interview...

(J'espère avoir répondu à vos questions.)

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mardi janv. 22, 2008

Sous le signe du dauphin

Ce jour est marqué par deux événements de taille : l'annonce de nos résultats provisoires pour le deuxième trimestre et notre acquisition de MySQL AB.

Si vous souhaitez obtenir plus d'informations concernant nos résultats financiers du deuxième trimestre, écoutez notre conférence téléphonique (pour en savoir plus, visitez sun.com) ; nous commenterons naturellement nos résultats plus en détail lors de l'annonce officielle qui aura lieu le 24 janvier.

Intéressons-nous donc à l'événement capital du jour : nous investissons un milliard de dollars dans l'initiale M de LAMP. Pour les non-initiés aux arcanes du secteur, cela signifie que Sun s'est porté acquéreur de MySQL AB, la société qui est à l'origine de MySQL, la base de données Open Source la plus répandue au monde.

Il y a quelques semaines, je vous ai annoncé la tenue d'un événement client au cours duquel certaines des entreprises Web mondiales les plus influentes nous ont exposé leurs divers défis technologiques. Au même moment, nous avons réuni, dans des salles mitoyennes, quelques-uns des plus grands services informatiques ainsi que leurs responsables afin de recueillir leurs opinions et leurs orientations.

Or, tous nous ont confirmé ce que nous savions depuis de nombreuses années, à savoir que MySQL est la plate-forme la plus fréquemment choisie par les développeurs actuels pour créer leurs services réseau. De Facebook, Google et Sina.com aux sociétés de télécommunication, en passant par les banques, tous les architectes en quête de performance, de productivité et d'innovation ont opté pour MySQL. Le même choix s'est imposé sur des campus lycéens et universitaires ainsi que dans des startups, des labos informatiques haute performance et plusieurs sociétés figurant au classement Global 2000. L'adoption de MySQL à l'échelle mondiale a atteint une ampleur extraordinaire. Cette base de données constitue l'origine d'une part considérable de l'économie Web.

Cependant, comme je l'ai précisé précédemment, nous avons aussi recueilli des opinions paradoxales. En effet, certains directeurs technologiques de startups et d'entreprises Web souhaitent exclusivement utiliser des produits Open Source libres. Ils requièrent et demandent un accès au code source pour mettre en place une optimisation et une résolution rapide des problèmes (mais ils souscrivent volontiers à un support payant s'ils y voient un véritable intérêt). De leur côté, plusieurs responsables informatiques possèdent une optique plus traditionnelle et refusent d'utiliser des produits issus de sociétés avec lesquelles ils n'entretiennent aucune relation en termes de support commercial. Ils préfèrent donc confier à des fournisseurs tels que Sun la gestion de leur infrastructure fondamentale à l'échelle mondiale.

Dans ce genre de configuration, les produits comme MySQL se révèlent particulièrement intéressants. Ils ont déjà sans doute l'avantage de faire partie de l'infrastructure de toutes les entreprises Web. Ensuite, bien que la plupart des sociétés plus traditionnelles utilisent MySQL (de l'industrie automobile au secteur du commerce de détail, en passant par les banques et les institutions financières), bon nombre d'entre elles attendent qu'un fournisseur de la liste Fortune 500 se distingue en proposant un support essentiel à l'échelle mondiale.

Quel est donc le sens exact de notre annonce ? Outre l'acquisition de MySQL, Sun va révéler ses nouvelles offres de support mondial destinées au marché MySQL. Nous investirons à la fois dans la communauté et sur le marché, en vue d'accélérer la transition sectorielle des technologies propriétaires vers les nouvelles opportunités des plates-formes Web ouvertes.

Sun a d'ores et déjà adopté le modèle d'entreprise auquel MySQL doit sa réussite, en commençant par investir dans l'élargissement des communautés d'utilisateurs et de développeurs avant de créer des services commerciaux payants capables de séduire (et non de piéger) les clients. Au cours des dernières années, nous avons attribué des millions de licences et investi dans le développement de plusieurs communautés comptant parmi les plus étendues au monde en matière de logiciels libres. Investisseur et contributeur patient, nous avons ainsi collaboré à Java, ZFS, Lustre, Glassfish, NetBeans, OpenOffice.org et OpenSolaris. Le principe du logiciel Open Source libre est devenu un leitmotiv chez Sun. Celui proposé par MySQL a également remporté un vif succès sur la plate-forme de sa communauté, avec plus de 100 millions de téléchargements enregistrés au cours de la dernière décennie. Or, les utilisateurs de tels logiciels exploitent MySQL sous les principaux systèmes d'exploitation (Linux, Windows, Solaris et Mac) et sur les plates-formes système les plus répandues, à savoir IBM, Intel, AMD, Dell, Sun et HP.

Ce n'est pas un hasard si nous avons justement conclu avec ces sociétés des partenariats OEM consistant à intégrer MySQL à l'écosystème et aux réseaux de Sun en toute simplicité.

Pour exploiter cette nouvelle opportunité, nous avons défini une approche en quatre points essentiels.

En premier lieu, nous continuerons, comme nous l'avons toujours fait, à optimiser l'exploitation de MySQL sur les plates-formes Sun. Nos équipes techniques performantes reprendront les procédures qu'elles avaient suivies pour les débuts d'Oracle : elles collaboreront (virtuellement) avec leurs homologues au sein de MySQL et de la communauté, en utilisant des technologies telles que ZFS et DTrace (qui n'existaient pas à l'époque du lancement d'Oracle) afin d'assurer la réussite de Sakila et de tous les autres composants de la pile LAMP (du système memcached au langage php, en passant par l'ensemble de la communauté des fournisseurs indépendants gravitant autour de MySQL). La base de données MySQL a déjà été désignée comme étant la plus performante au monde par un large éventail de bancs d'essai. Nous ferons de cette performance optimale la caractéristique par défaut de l'ensemble des applications que nous pourrons découvrir (et ce, sur les plates-formes matérielles de tous les fournisseurs ainsi que sur tous les systèmes d'exploitation). Pour les amateurs du domaine technique, Falcon adoptera un comportement remarquable sur Niagara. Voilà un partenariat qui s'annonce sous d'excellents auspices.

En deuxième lieu, avant de conclure ce partenariat, j'ai demandé à notre équipe de négocier une transaction commerciale classique, grâce à laquelle Sun peut fournir un support mondial d'entreprise pour MySQL. Cette disposition permet d'assurer aux sociétés traditionnelles le même niveau de support pour MySQL que celui généralement associé aux bases de données propriétaires. Par ailleurs, elle leur ouvre une infinité de perspectives en termes de choix et de concurrence. Comme je l'ai indiqué précédemment, depuis plusieurs années, les clients nous incitent à innover davantage sur le marché des bases de données. Nous voilà aujourd'hui en mesure de satisfaire à leur demande.

En troisième lieu, nous proposerons prochainement de nouvelles offres particulièrement attractives en matière de plates-formes. Grâce à l'intégration du succès de Lustre et de ZFS à de nouvelles plates-formes système (telles que les machines Niagara2 de 64 threads et les Thumpers de 48 To), ces offres bénéficient d'un prix défiant toute concurrence. Par ailleurs, ne perdons pas de vue que cette opportunité, alliant valeur concrète, prise en charge mondiale, qualité et performance, comble tous les désirs exprimés par les clients. Plus important encore, les partenaires MySQL représenteront le pivot central de nos solutions et de nos offres. Comme nous l'avons fait avec Solaris et Java, nous allons travailler sans relâche pour élargir le marché et garantir la réussite de nos fournisseurs de logiciels indépendants. L'élaboration d'un portefeuille varié de partenaires peut prendre plusieurs dizaines d'années mais, aux yeux des clients, cela donne à la société Sun un avantage qu'elle retrouve chez MySQL.

Enfin, cette acquisition marquera pour Sun le début d'une série d'investissements au sein de la communauté universitaire. Je vais vous expliquer pourquoi. Tandis que nous poursuivons nos investissements en matière de développements logiciels Open Source, il devient évident que les environnements universitaires jouissent d'une importance prépondérante. Il est grand temps pour nous (c'est-à-dire les membres du secteur) de commencer à prendre l'eau à sa source. Il ne suffit pas d'affirmer son engagement en faveur de l'éducation, encore faut-il joindre l'acte à la parole en réalisant des investissements dans ce sens. Dans les 60 prochains jours, Greg annoncera le lancement d'un nouvel ensemble de communautés mondiales de recherche, destinées à effectuer des avancées techniques dans l'environnement Internet. (Pensez à consulter régulièrement le blog de Greg ainsi que le mien pour vous tenir à jour.)

En quoi s'agit-il d'une initiative importante pour le Web ? Jusqu'à présent, aucun fournisseur de plates-formes n'a encore réuni tous les composants fondamentaux d'un système d'exploitation entièrement Open Source dédié à Internet. De même, aucune entreprise ne s'est montrée capable de proposer une alternative complète aux principaux SE propriétaires. Or, grâce à l'acquisition réalisée par Sun, nous avons précisément réussi à positionner notre société au centre du Web, dans le rôle de l'incontournable fournisseur de plates-formes haute performance destinées à l'écosystème Internet, des startups et sociétés de l'environnement Web 2.0 aux organes gouvernementaux et entreprises traditionnelles. La société Sun, l'ensemble de ses partenaires et clients à travers le monde ainsi que la communauté mondiale pour le logiciel libre disposent désormais d'un potentiel considérable, et d'opportunités infinies.

Nous souhaitons la bienvenue à MySQL ainsi qu'à ses employés, clients et partenaires. Nous sommes absolument ravis de nous joindre à vous. Cette acquisition marque le début d'une nouvelle ère Internet.

Placée sous le signe du dauphin.

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Les travailleurs au grand courage

Je voudrais remercier certaines personnes chères à mon cœur, qui travaillent le soir et pendant les fêtes de fin d'année, à savoir nos employés, nos partenaires et nos clients, qui se reconnaîtront.

Pour la majorité d'entre nous, les fêtes sont l'occasion de passer du temps avec nos proches et nos amis. Cependant, cette période est également placée sous le signe d'une activité sans relâche. Certains d'entre nous ont le chic pour faire leurs courses de Noël au dernier moment (y compris le 24 décembre). D'ailleurs, je suis sûr que ce comportement n'est pas l'apanage des Américains. Cette situation engendre un grand nombre de requêtes tardives d'infrastructures, émanant d'entreprises qui espèrent toujours que les clients feront leurs achats en avance un jour (je serais plutôt prêt à parier le contraire).

Ce comportement entraîne une série de commandes de dernière minute (je tiens d'ailleurs à préciser qu'on apprécie ce phénomène, qu'il soit planifié ou spontané), puis un pic d'expéditions tardives (malheureusement, les centres de données ne se trouvent pas tous à proximité d'aéroports), ainsi qu'une intensification des activités d'installation, donnant lieu à un grand nombre de va-et-vient pour les personnes concernées.

Dans un monde idéal, on s'en tiendrait là, avant de rentrer chez nous pour rejoindre famille et amis.

Mais c'est loin d'être la fin.

Le 25 décembre, les sollicitations émanant des clients de Sun sont très intenses dans le monde entier. Cette année, nous allons sans aucun doute battre tous les records. En décembre, des millions de cadeaux prêts à la mise en réseau vont être offerts. Beaucoup d'entre eux seront ouverts et mis en service à Noël. De nombreuses images et vidéos générées par des appareils photo et caméras vont déferler sur les sites de partage. Les nouveaux propriétaires de mobiles vont devoir approvisionner leur appareil avant de se mettre à télécharger et partager toutes sortes de contenus (à l'échelle de la planète, la charge sur le réseau induite par les messages MMS envoyés à la Saint-Sylvestre dépasse l'entendement). Dès le jour de Noël, des décodeurs, des cadres photos numériques, des consoles de jeux vidéo, des accessoires de navigation, des peluches, des équipements sportifs et des automobiles inciteront leurs propriétaires à tous se connecter en ligne la même journée. Et tous les utilisateurs s'attendront à bénéficier d'un service parfait (ce qui est tout à fait normal).

Pour certains de nos clients, on atteint des seuils sans équivalent sur le reste de l'année en termes de charge. En ce qui les concerne, cet évènement constitue la meilleure opportunité de façonner leur marque. L'objectif de Sun et de ses partenaires est d'assurer le succès de cette journée. Je tiens donc à remercier tous ceux qui travaillent pendant les fêtes. Mon équipe et moi-même sommes conscients de vos efforts et vous en sommes très reconnaissants. Votre apport est phénoménal.

Quand vous aurez fini toutes les tâches qui vous incombent, n'hésitez pas à goûter à un repos bien mérité. N'oubliez pas que, contrairement aux ordinateurs, l'efficacité des humains augmente quand ils s'arrêtent régulièrement de travailler.

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