vendredi avr. 18, 2008

Liberté, liberté chérie

La conférence des utilisateurs MySQL commence aujourd'hui. À cette occasion, je voulais vous rapporter l'échange que nous avons eu récemment avec un client ; cette anecdote concernant notre acquisition de MySQL.

Il y a quelques semaines, j'avais rendez-vous avec le directeur informatique d'une grande entreprise commerciale. Il était accompagné du directeur technique, du responsable de la sécurité des informations (ou le CISO pour les intimes), et d'une armée de cadres issus de leurs (diverses) équipes de développement.

Avec l'équipe de compte Sun, ils avaient passé la journée à analyser l'évolution de nos relations et finissaient la réunion par une présentation de notre feuille de route produit. Je sentais que cette journée avait été productive. Aussi, quand je suis arrivé c'était surtout pour les remercier de la confiance qu'ils nous accordaient et m'assurer que chacun avait bien mes coordonnées au cas où je pourrais être d'une quelconque aide.

Comme nous venions de conclure l'acquisition de MySQL, avant de finir je leur ai demandé : « Voulez-vous un rapide point sur MySQL, le dernier venu dans la famille Sun ? »

Le directeur informatique me répond catégoriquement : « Nous n'utilisons pas MySQL, nous utilisons [nom masqué pour protéger l'intéressé]. » Le CISO ajoute : « Vous savez, on ne peut pas laisser les développeurs télécharger des logiciels sur Internet. Notre priorité est d'assurer la sécurité et la conformité aux règles. » J'ai eu droit à un sourire du directeur technique. Silence total des autres participants. Très bien, je n'insiste pas. Merci de votre confiance.

Soudain, un commercial de Sun intervient (fort diplomatiquement) et dit : « Euh... non, j'ai vérifié avec un ami chez MySQL, qui a vu que vous aviez téléchargé MySQL plus de 1 300 fois au cours des douze derniers mois. »

Après un silence extrêmement gêné, l'un des membres de l'équipe interne de développement prend la parole et dit : « En fait, tout le monde l'utilise. Pourquoi s'embêter avec des accords de licence alors qu'avec MySQL, on n'en a pas besoin. C'est génial que vous l'ayez acheté. »

Une fois passé ce moment de silence, nous avons conclu avec le client un accord très productif de support commercial à l'échelle mondiale sur ce qui s'est avéré être la base de données la plus populaire au sein de leur centre de développement. Ils trouvent de plus en plus d'applications pour MySQL, et de nouvelles opportunités de gagner plus du temps et d'argent à l'avenir.

En l'occurrence, le directeur informatique n'était pas du tout conscient du caractère omniprésent et indispensable des logiciels gratuits pour son entreprise. Mais croyez-moi, ce cas n'est pas une exception, loin s'en faut. C'est en fait la norme. Notre objectif est donc de pallier à ce manque d'information, lentement mais sûrement.

Les opportunités sont partout.

Les logiciels gratuits et ouverts aussi.

Il y a même fort à parier qu'ils ne vont pas l'un sans l'autre.

Share this post  del.icio.us | digg.com | slashdot.org | technorati.com | reddit | facebook | stumbleupon

lundi avr. 14, 2008

Quel est le vrai poisson d'avril ?

Si vous voulez connaitre le contexte de la vidéo du poisson d'avril qui est en train de faire le tour de Sun (voir ci-dessous)... voici toute l'histoire.

Mon assistante, en qui j'ai habituellement entièrement confiance, m'informe que je déjeune avec Ted, un ami en qui j'ai également totalement confiance. Je me rends donc dans ce restaurant, où j'ai l'habitude d'aller en toute confiance, où un serveur, en qui j'ai habituellement entièrement confiance, m'indique une table, où je m'assois sans remarquer une seule seconde les caméras vidéo placées discrètement tout autour. Ted me dit que grâce à Dan, un collègue en qui j'ai habituellement entièrement confiance, il a pu se mettre en contact avec un expert technique qu'il pourrait être intéressant pour moi de rencontrer.

Ted m'informe que cette personne vient d'arriver de Los Angeles mais qu'elle a malheureusement eu un accident qui l'empêche momentanément de parler. Regardez bien la cinquième minute, c'est la première fois où je vois quelqu'un faire un poulet avec une serviette.

Je tiens à préciser avant que d'autres ne s'en chargent que la vidéo a été largement éditée. Dans le souci d'épargner le public international, les excellents monteurs (à qui je fais habituellement entièrement confiance, malgré cette farce) ont édité la vidéo de manière à retirer les parties où il y avait le plus de bave. Si je me suis senti mal à l'aise à cette table ? J'ai visionné la version non-éditée avec une collègue de Sun avant la publication et elle m'a dit : « Tu vois comme tes parents t'ont bien éduqué, tu n'as même pas une fois regardé ce type fixement ».

En parlant de poisson, hier, le siège de Sun a également été attaqué par une troupe de dauphins gonflables... La rumeur dit qu'ils allaient rencontrer un représentant de leur espèce qui est actuellement à la tête de notre division bases de données.

À propos, je précise que Bill Macgowan n'a pas été viré de Sun.

Je le tiens personnellement responsable pour m'avoir désigné comme victime de ce vrai poisson d'avril (les dauphins ne sont pas des poissons, après tout, ce sont des mammifères). De l'eau coulera sous les ponts avant que je cesse de me méfier de lui... mais pas question de nous en séparer.

Share this post  del.icio.us | digg.com | slashdot.org | technorati.com | reddit | facebook | stumbleupon

vendredi avr. 04, 2008

Rendez-nous tout.

Comme vous le savez, la stratégie Open Source de Sun en matière de logiciels et de microprocesseurs a parfois provoqué des polémiques. Je ne compte plus les articles de journaux et les messages dans les forums de discussion qui nous sont consacrés. Des théories farfelues de complot ont même été échafaudées sur nos stratégies, c'est dire...

Vous n'êtes pas sans savoir que la polémique n'était pas une conséquence de notre stratégie, c'était notre stratégie. Quand les gens parlent de Sun, ils ne parlent pas de l'autre société (celle qui ne sera pas nommée). Et si vous parlez de Sun, vous en viendrez forcément à acheter un centre de données.

Cependant, maintenant que notre réputation de leader en matière d'Open Source est solidement établie, je suis inquiet quant au fait qu'il ne puisse plus y avoir de contreverses à ce sujet. La confiance en ce système est désormais trop grande et notre stratégie trop claire. Il devient donc de plus en plus difficile de créer du buzz... et l'on ne peut quand même pas dépenser un milliard de dollars ou changer notre symbole boursier à chaque fois que vous voulons faire les gros titres, si ?

C'est pourquoi je vais vous dévoiler le second pan de notre stratégie.

Nous exigeons que vous nous rendiez tout. Vous ne pensiez pas sérieusement que nous allions vous laisser tout ça, dites ?

Nous demandons instamment que tous les logiciels gratuits distribués à l'origine par Sun Microsystems, liés aux logiciels ou aux microprocesseurs notamment, mais pas exclusivement, les fichiers sources, les codes binaires, les dérivés, les extensions, les applications, les brevets, les demandes de brevets, les droits intellectuels, les idées, les pensées et les considérations dérivées, nous soient immédiatement rendus.

En outre (nous savons que c'est risqué, mais il faut bien que nous donnions aussi des cheveux blancs aux spécialistes de la confidentialité, c'est de bonne guerre), nous exigeons que toutes les données traitées, stockées ou créées par notre propriété intellectuelle, y compris les données contenues dans les systèmes de fichiers, les bases de données ou les applications de productivité Open Source nous soient également rendues. Et n'oubliez pas de nous renvoyer aussi les rédactions que vos enfants viennent de taper sur OpenOffice.

Nous voulons que tout nous soit restitué sous trente jours.

Merci de votre compréhension.

______________________________

Nous vivons hélas dans une société procédurière. Donc, cela me fait de la peine de le dire, mais OUI, cette déclaration est effectivement un poisson d'avril, conformément aux axiomes juridiques stipulés dans le Décret boursier de 1933 des États-Unis.

Share this post  del.icio.us | digg.com | slashdot.org | technorati.com | reddit | facebook | stumbleupon

Alors, je suis viré ?

Voici Bill Macgowan.

Bill est le Directeur des ressources humaines de Sun.

Nous collaborons donc pour enrichir et cultiver les talents travaillant chez Sun.

Il est intelligent, s'exprime avec aisance et je fais le plus souvent confiance à son jugement.

J'ai bien dit « le plus souvent ».

Car aujourd'hui, il m'a fait une farce. À moi, vous vous rendez compte ? Un poisson d'avril.

Il a perpétré son méfait avec une journée d'avance et l'a capturé en vidéo pour que tous les employés de Sun puissent en profiter mardi (le premier avril). Si je trouve le courage, c'est sur ce blog, devant tout le monde, que j'afficherai publiquement ma naïveté en publiant la vidéo.

Le tour qu'il m'a joué, comme toute farce qui se respecte dans le milieu de l'ingénierie de pointe, impliquait un financier, un visiteur légèrement attardé, un bavoir et des côtes d'agneau.

Moi, bonne poire, je n'y ai vu que du feu. Je n'ai pas montré une seconde mon étonnement. J'étais totalement concentré... en mode 100 % pro.

Je n'ai pas marché, j'ai couru !

Jusqu'à ce que des hommes avec des caméras n'apparaissent. C'est là que j'ai commencé à comprendre qu'il y avait anguille sous roche. Je me suis fait avoir comme un bleu.

Alors que je revenais tout penaud au travail après mon déjeuner, Bill m'aborde. En brandissant sa vidéo lâchement obtenue, il me dit : « Alors, je suis viré ? »

J'ai jusqu'à mardi pour trouver une réponse créative.

Je précise que je suis très proche du directeur financier, professionnellement comme personnellement, et que l'Avocat conseil tient un blog. Il y a sûrement moyen de répondre intelligemment.

Sûrement :)

Share this post  del.icio.us | digg.com | slashdot.org | technorati.com | reddit | facebook | stumbleupon

OpenSolaris, la sécurité et la NSA (National Security Agency)

L'annonce que nous avons faite la semaine dernière est d'une importance capitale. Nous vous avons communiqué notre collaboration avec la célèbre agence du gouvernement des États-Unis, j'ai nommé la National Security Agency. Il s'agit de l'une des institutions les plus sensibles (voire la plus sensible) aux aspects de sécurité à l'échelle mondiale. Elle a rejoint la communauté dynamique OpenSolaris, pour collaborer avec Sun et d'autres membres sur l'avenir des systèmes d'exploitation ultra-sécurisés.

Pour replacer cet accord dans son contexte, l'engagement envers la communauté a toujours constitué pour Sun une méthode fondamentale d'innovation sur le marché. En effet, nous formons des partenariats avec les entreprises ayant les exigences les plus extrêmes (qu'il s'agisse des supercalculateurs les plus puissants au monde ou des professionnels de la sécurité les plus paranoïaques (sans vouloir les vexer), ou des entrepôts de données d'archive les plus gigantesques), et nous exploitons cette expérience pour créer des produits à l'attention du grand public. Grâce aux clients extrêmes, nous développons les aspects techniques dont le reste du monde profitera ultérieurement.

Neuf fois sur dix, les clients extrêmes représentent un excellent indicateur d'innovation pour l'industrie dans son ensemble.

Par le passé, ce type de collaboration nécessitait des tonnes et des tonnes de paperasse juridique envisageant tous les types de restrictions de confidentialité, d'échanges de propriété intellectuelle ou de processus institutionnels complexes. Nous avons simplifié toutes ces procédures en rejoignant la communauté Open Source. Nos collaborations les plus fructueuses se sont formées tout simplement en demandant à des entreprises de rejoindre la communauté OpenSolaris. C'est exactement ce qu'a choisi de faire la National Security Agency.

Plutôt que de présenter en détail les tenants de notre collaboration, j'ai demandé à Bill Vass, président du groupe Federal Systems Group de Sun, de répondre à quelques questions que je lui ai envoyées. Voici ses réponses.

Bill, peux-tu résumer ce que nous avons annoncé ?
Nous avons formalisé une relation avec l'agence américaine NSA (National Security Agency) pour incorporer ses recherches sur la sécurité dans un projet communautaire OpenSolaris appelé Flexible Mandatory Access Control (FMAC). Le communiqué de presse présentant le projet est disponible ici.

Qu'est-ce que le projet Flexible Mandatory Access Control (FMAC) ?
Tout d'abord, Mandatory Access Control (MAC) est un mécanisme généralement déployé dans le système d'exploitation, et générant des restrictions incontournables sur des privilèges au sein du système. L'objectif de MAC est de limiter, par exemple, l'affichage d'un fichier de passeport sans autorisation, ou la mise hors service d'une machine lors d'un déploiement essentiel. En somme, MAC est une solution de gestion des privilèges.

Dans le secteur de la gestion de l'accès, la solution universelle adaptée à tous les cas n'existe pas, d'où l'importance de la flexibilité. Les objectifs de sécurité d'une installation varient en fonction de la valeur de ses ressources ou systèmes informatiques, et des méthodes utilisées pour les protéger. En mettant l'accent sur la flexibilité, il est possible de concevoir des règles de sécurité vouées à répondre aux besoins effectifs de contrôle de l'accès, en fonction d'un modèle d'application évolutif.

Voilà pourquoi on trouve le mot flexible dans Flexible Mandatory Access Controls. Pour en savoir plus sur FMAC, je vous suggère de cliquer ici. FMAC n'est pas exclusivement adapté aux gouvernements. En effet, les sites de réseau social ou encore les banques peuvent y avoir recours. En somme, cela concerne toutes les instances souhaitant assurer des contrôles d'accès simplifiés et conviviaux, qu'il s'agisse de consommateurs ou d'entreprises.

Qui travaille sur le projet ?
Sun et la NSA collaborent dans la communauté OpenSolaris et nous générons une participation massive (l'un des principaux avantages d'être une entreprise Open Source est que Sun peut innover ouvertement, c'est le cas de le dire, au sein d'une très grande communauté). Pour les technologies de la sécurité en particulier, la transparence du développement est absolument vitale, même pour la NSA. Il n'est pas question d'introduire des chevaux de Troie dans les plates-formes Open Source. Par conséquent, la structure Open Source permet aux clients dont les exigences de sécurité sont élevées de faire confiance aux fournisseurs tout en assurant une vérification.

Cette collaboration constitue un soutien sans prix de l'intégrité de la communauté OpenSolaris au sein des gouvernements, caractérisés par leur focalisation sur les progrès techniques et commerciaux.

Pourquoi la NSA a-t-elle choisi Sun ?
La sécurité et les performances sont des aspects fondamentaux dans notre relation avec les gouvernements du monde entier. La sécurité est au cœur de notre activité depuis toujours, et nous avons plus de 20 ans d'expérience dans le secteur des systèmes d'exploitation de confiance (n'oublions pas que Trusted Solaris est issu de la collaboration avec le gouvernement des États-Unis, il y a une dizaine d'années).

Nos technologies de sécurité sont appliquées dans la carte SIM de votre portable, tout autant que dans les plates-formes de gestion des identités au sein des plus importants services Web au monde. De plus, Solaris est réputé depuis fort longtemps comme le système d'exploitation Open Source le plus sécurisé pour le déploiement, des champs de bataille aux systèmes de contrôle et de commande. Il nous a donc semblé que ce partenariat coulait de source.

Tu as bien parlé de l'intégration des recherches entreprises par la NSA sur la sécurité ?
Effectivement, nous cherchons à voir comment combiner les recherches de la NSA sur l'architecture Flux Advanced Security Kernel (FLASK) et les règles d'application de type, ou « type enforcement » (TE), avec notre technologie Solaris Trusted Extensions. Ces outils sont potentiellement complémentaires, et nous pensons pouvoir exploiter ce créneau en proposant une pile applicative entièrement Open Source, de MySQL et Glassfish/Java jusqu'à l'utilisateur.

L'architecture Flask établit une séparation claire entre l'application des règles et les règles elles-mêmes. Les règles peuvent être modifiées sans avoir à modifier les « hameçons » d'application dans l'environnement d'exploitation, ce qui simplifie la vie des administrateurs de sécurité, et contribue à rendre les systèmes plus flexibles et utiles.

Les règles Trusted Extension permettent à leur tour un contrôle de l'accès extrêmement fin qui peut être appliqué pour protéger des logiciels malveillants.

Pourquoi nous engageons-nous avec la NSA ?
Nous avons reçu des demandes de déploiements basés sur Flask/TE dans Solaris de la part d'un certain nombre de gouvernements. Maintenant que nous disposons de Solaris Trusted Extensions, le moment est idéal pour construire l'avenir. Nous disposons déjà d'une infrastructure exceptionnelle (Multilevel Security - MLS) avec Solaris Trusted Extensions, mais la valeur des technologies associées peut fournir une plate-forme évolutive utilisée pour protéger les informations ultra-secrètes de gouvernements, ainsi que d'entreprises classiques, voire d'entreprises d'électronique grand public fabriquant votre téléphone et votre caméscope numérique.

À quel public s'adresse FMAC ?
Comme je l'ai déjà dit, les systèmes basés sur MAC sont utilisés principalement par les gouvernements. Notre objectif à l'avenir est de rendre les technologies telles que FMAC plus accessibles aux marchés commerciaux, des startups aux grandes entreprises. Les gouvernements sont le plus souvent des indicateurs fiables de problèmes de sécurité commerciale plus vastes.

La haute sécurité était un concept abscons, mais elle est désormais essentielle, pour le gouvernement des États-Unis, pour les gouvernements du monde entier et surtout pour les utilisateurs.

Nous limitons-nous aux État-Unis ?
Non. Il s'agit d'un projet OpenSolaris et notre souhait est que la communauté internationale en assure la promotion et le développement. Pour collaborer, il suffit de créer un compte sur opensolaris.org et d'adhérer.

Si quelqu'un veut contacter votre équipe pour parler de FMAC dans la communauté Open Source, que faut-il faire ?
Il suffit de m'envoyer un e-mail à l'adresse bill.vass@sun.com. Nous avons de nombreux contacts à Washington, DC, ainsi que dans le monde entier, qui peuvent aider les entreprises à maîtriser la sécurité et l'Open Source, et à comprendre comment rejoindre la communauté pour collaborer sur des principes innovants de sécurité. C'est le moment ou jamais de nous rejoindre !

Merci, Bill. Nous te sommes reconnaissants.
De rien.

Share this post  del.icio.us | digg.com | slashdot.org | technorati.com | reddit | facebook | stumbleupon